Accord d'entreprise VILLEMONTEIL

ACCORD D’ENTREPRISE FIXANT LES CONDITIONS DE RECOURS AU FORFAIT EN JOURS SUR L’ANNEE

Application de l'accord
Début : 01/03/2019
Fin : 01/01/2999

4 accords de la société VILLEMONTEIL

Le 18/01/2019


ACCORD D’ENTREPRISE FIXANT LES CONDITIONS DE RECOURS AU FORFAIT EN JOURS SUR L’ANNEE


PREAMBULE :


La loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000 « Loi AUBRY 2 » a créé le dispositif des conventions de forfait annuel en jours avec la possibilité de ne plus décompter la durée du travail en heures mais en jours sur l’année.

La loi n° 2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail a ensuite assoupli les conditions de recours aux conventions de forfait en jours sur l’année en donnant la priorité à la négociation d’entreprise et a retouché le dispositif en exigeant des garanties pour le bénéficiaire de ce type de forfait.

La loi n°2016 1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels a modifié le contenu des accords collectifs mettant en place les conventions de forfait jours qui doivent notamment, garantir le respect de la santé des salariés.

Le forfait annuel en jours consiste à décompter le temps de travail en jours ou en demi-journées et fixe le nombre de jours que le salarié s’engage à effectuer chaque année.

Le système du forfait jours permet donc aux salariés concernés de ne plus être soumis au décompte de droit commun de la durée du travail en heures à la semaine mais à une périodicité annuelle.

Toutefois, pour être éligibles à ce dispositif, les salariés doivent disposer d'une réelle autonomie et d’une liberté dans l'organisation de leur emploi du temps pour l'exercice des responsabilités qui leurs sont confiées.

Consciente de l’intérêt que peut représenter un tel mode d’organisation du travail pour certains de ses salariés et conformément à l’article L. 2232-23-1 du Code du travail, la société VILLEMONTEIL a choisi d’engager des négociations sur ce thème avec les représentants du personnel élus de l’entreprise.


Article 1 : Salariés concernés


Peuvent être soumis à une convention de forfait en jours :
  • Les cadres qui disposent d’une autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps et le nature des fonctions ne les conduit pas à suivre l’horaire applicable dans l’entreprise, l’agence, l’établissement, le chantier ou l’atelier.

  • Les salariés dont la durée du temps de travail ne peut être prédéterminée et qui disposent d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps pour l’exercice des responsabilités qui leur sont confiées.
Dans le respect de l’article L. 3121-55 du Code du travail, la conclusion d’une telle convention de forfait en jours sur l’année requiert l’accord du salarié et fait systématiquement l’objet d’un écrit au moment de la conclusion du contrat de travail ou d’un avenant au contrat de travail.
La convention individuelle de forfait en jours devra faire référence au présent accord.


Article 2 : Détermination de la durée du travail

Article 2.1 : Nombre de jours inclus dans le forfait annuel


Le présent accord d’entreprise prévoit que les salariés concernés sont soumis à un décompte forfaitaire de leur temps de travail apprécié en nombre de jours travaillés. En effet, la durée du travail des salariés au forfait en jours est décomptée chaque année par le recensement du nombre de journées ou de demi-journées travaillées.
Il est ainsi prévu que le nombre de jours travaillés, journée de solidarité comprise, sur la période de référence est fixé au maximum à 218 jours pour une année complète de travail et compte tenu d’un droit intégral à congés payés.

Article 2.2 : Définition de la période de référence & jours de RTT


La période de référence prise en compte pour déterminer le forfait en jours couvre la période allant du 1er avril N au 31 mars N+1 de chaque année.
La méthode de calcul permet chaque année de calculer le nombre de jours de réduction du temps de travail auxquels les salariés en forfait vont pouvoir prétendre. Le décompte des jours sur une année civile, soit sur une période de référence est donc le suivant :

-Nombre de jours calendaires dans l’année (soit 365),
-Moins le nombre de jours de repos hebdomadaires (soit 104 samedis et dimanches),
-Moins le nombre de congés payés (soit 25 jours),
-Moins le nombre de jours fériés tombant un jour ouvré (soit 9 jours),
-Moins le nombre de jours de travail selon le forfait (soit 218 jours).

Le nombre de jours de réduction du temps de travail dont les salariés concernés par le forfait bénéficient chaque année s’élève donc à 9.
Ce décompte sera actualisé chaque année avant le début de la période de référence.

Article 2.3 : Spécificité des jours d’ancienneté conventionnels


Par exception à ce qui précède, la Convention Collective Nationale des cadres du Bâtiment du 1er juin 2004 et la convention collective des ETAM du Bâtiment du 12 juillet 2006 auxquelles est assujettie la société VILLEMONTEIL prévoyant des jours d’ancienneté conventionnels, ces derniers seront pris en compte pour la détermination du nombre de jours travaillés sur la base duquel est fixé le plafond des 218 jours.
Pour les salariés concernés, le plafond annuel des jours travaillés sera réduit selon le nombre de jours conventionnels qu’ils auront acquis et les jours de RTT seront réévalués selon la même méthode de calcul.

Article 2.4 : Entrées ou sortie d’un salarié au cours de la période de référence


Lorsqu’un salarié n’accomplit pas la totalité de la période de référence du fait de son entrée (arrivée dans l’entreprise) ou de sa sortie (départ de l’entreprise) au cours de la période de référence, le nombre de jours travaillés est calculé prorata temporis en fonction de la date d’entrée ou de sortie de l’entreprise sur la base du nombre de jours travaillés.

Ce nombre de jours est ensuite augmenté à concurrence du nombre de jours de congés payés non dus ou non pris par le salarié lorsque le salarié ne bénéficie pas d’un congé annuel complet.

Afin de déterminer le nombre de jours de travail pour le reste de l’année, il conviendra de soustraire au nombre de jours calendaires restant à courir dans l’année :
-Le nombre de samedis et de dimanches,
-Le nombre de jours fériés coïncidant avec un jour ouvré à échoir avant la fin de l’année,
-Le prorata du nombre de congés supplémentaires pour l’année considérée.

De même, pour le salarié ne bénéficiant pas de congés payés annuels complets, le nombre de jours de travail est augmenté à concurrence du nombre des jours de congés légaux auxquels le salarié ne peut prétendre.


Article 3 : Dispositions applicables sur l’encadrement de la durée du travail


Les salariés bénéficiant d’une convention de forfait annuel en jours ne sont pas soumis aux dispositions suivantes :
-La durée légale du travail de 35 heures par semaine civile (article L. 3121-27 du Code du travail)
-La durée quotidienne de travail ne pouvant excéder 10 heures par jour (article L. 3121-18)
-La durée hebdomadaire maximale de travail de 48 heures par semaine (article L. 3121-20)
-Le régime des heures supplémentaires.

En revanche, les dispositions suivantes, relatives au repos minimum, leur sont applicables :
-Le repos quotidien d’une durée minimale de 11 heures consécutives ;
-Aucun salarié ne doit travailler plus de six jours par semaine, sauf dérogation dans les conditions légales ;
-Le repos hebdomadaire d’une durée minimale de 24 heures consécutives qui s’ajoute aux 11 heures consécutives de repos quotidien, soit un repos hebdomadaire minimum de 35 heures consécutives.
Il est rappelé que ces durées minimales de repos n’ont pas pour objet de définir une journée habituelle de travail de 13 heures consécutives mais une amplitude exceptionnelle maximale de la journée de travail.
A ce titre, tout salarié soumis à convention de forfait en jours ont l’obligation de respecter une durée quotidienne et hebdomadaire de travail raisonnable et devra, en cas de difficulté, avertir sans délai son supérieur hiérarchique selon les modalités prévues par l’article 7 du présent accord.


Article 4 : Droit à la déconnexion 

Les parties entendent souligner l'importance du bon usage professionnel des outils numériques et de communication professionnels et de la nécessaire régulation de leur utilisation pour assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l'équilibre entre vie privée et familiale et vie professionnelle des salariés concernés par le forfaits en jours.

Le droit à la déconnexion peut être défini comme le droit du salarié de ne pas être connecté aux outils numériques professionnels et ne pas être contacté, y compris sur ses outils de communication personnels, pour un motif professionnel en dehors de son temps de travail habituel. Les outils numériques visés sont :
  • Les outils numériques physiques : ordinateurs, tablettes, téléphones portables, réseaux filaires, etc. ;
  • Les outils numériques dématérialisés permettant d'être joints à distance : messagerie électronique, logiciels, connexion wifi, internet/intranet, etc.

Les mesures visant à lutter contre l'utilisation des outils numériques et de communication professionnels hors temps de travail sont les suivantes :

Aucun salarié n'est tenu de répondre à des courriels, messages ou appels téléphoniques à caractère professionnel en dehors de ses heures habituelles de travail, pendant ses congés payés, ses temps de repos et ses absences, quelle qu'en soit la nature, et ne pourra être l’objet d’une quelconque sanction disciplinaire à ce titre.

Chaque salarié est encouragé à :

- s'interroger sur le moment opportun pour adresser un courriel, un message ou joindre un collaborateur par téléphone ;
- tenir compte des déplacements de chacun de ses collègues et de l’éventuel décalage horaire qui les sépare ;
- ne pas solliciter de réponse immédiate si ce n'est pas nécessaire ;
- pour les absences de plus de 3 ou 4 jours, paramétrer le gestionnaire d'absence du bureau sur sa messagerie électronique et indiquer les modalités de contact d'un membre de l'entreprise en cas d'urgence.

Pour garantir l'effectivité de ce droit à la déconnexion, l'envoi de courriels et messages professionnels ainsi que les appels téléphoniques professionnels sont interdits entre 21h00 et 7h00.

L’ensemble de ces modalités engage les salariés concernés par le forfait en jours ainsi que le personnel d’encadrement et de direction qui reconnaît la nécessité d’encadrer l’utilisation des outils numériques.


Article 5 : Décompte du temps de travail des salariés en forfaits annuel en jours

Article 5.1 Décompte des jours travaillés

Le cadre d’appréciation de la journée de travail est fixé par période de 24 heures calendaires, permettant les cas de période de travail à cheval sur deux journées civiles.

Est considéré comme une demi-journée travaillée pour l’application du présent accord, toute période se terminant avant 13h ou débutant après 13h.

Les salariés concernés organisent de manière autonome leur emploi du temps en fonction de la charge de travail qui leur est confiée et des périodes d’activités de l’entreprise.

Le temps de travail peut donc être réparti sur certains ou sur tous les jours ouvrables de la semaine, en journée ou demi-journée de travail.

Toutefois, comme indiqué à l’article 3 du présent accord, la durée du repos quotidien de 11 heures consécutives et la durée hebdomadaire de 35 heures consécutives doivent être respectées.

Article 5.2 : Décompte des jours d’absence


Lorsque le salarié en forfait en jours est absent sans justifier de son absence, une retenue de salaire est effectuée.

Cette retenue résulte de la durée de l'absence injustifiée du salarié.

Elle est calculée en prenant en compte le nombre de journées ou demi-journées d’absence du salarié.

Le montant du salaire journalier est déterminé en divisant la rémunération forfaitaire par 22.

La retenue correspond au nombre de journées et/ou demi-journées qui auraient été payées si le salarié avait été présent, multiplié par le montant du salaire journalier.

Article 5.3 : Dépassements, plafonnement & rachat des jours de repos

L’accord envisage également l’encadrement des dépassements du nombre de jours fixé par la présente convention de forfait annuel en jours en fixant un plafond maximal de jours de travail par an à ne pas dépasser.

Ainsi, le présent accord prévoit qu’un dépassement ne doit pas conduire un salarié à travailler plus de

235 jours par an (plafond maximal).


En cas de dépassement aux 218 jours de travail annuel fixés par le présent accord, le salarié pourra choisir de renoncer à tout ou partie de ses jours de repos.

Il sera, dans ce cas-là, procédé à un rachat direct de jours de repos. En effet, l’article L. 3121-59 du Code du travail autorise le rachat direct des jours de repos des salariés ayant signé une convention de forfait annuel en jours.

Ainsi, le salarié qui le souhaite pourra donc, en accord avec l’employeur, renoncer à une partie de ses jours de repos en contrepartie d'une majoration de son salaire pour les jours et le temps de travail supplémentaire réalisé par le salarié.

L'accord entre le salarié et l'employeur sera nécessairement établi par écrit au préalable et le nombre de jours travaillés dans l'année ne pourra excéder le plafond maximal de 235 jours (ce nombre prenant en compte un jour férié chômé -soit le 1er mai- et 25 jours de congés payés ainsi que deux jours de repos hebdomadaire).

Un avenant à la convention de forfait conclue entre le salarié et l'employeur détermine le taux de la majoration applicable à la rémunération de ce temps de travail supplémentaire, sans qu'il puisse être inférieur à 10 %.

Article 6 : Contrôle de la durée du temps de travail


Afin de contrôler le nombre de jours travaillés ainsi que le respect du repos, les salariés concernés, sous la responsabilité de leur responsable hiérarchique, tiennent

un document de contrôle mensuel faisant apparaître le nombre et la date des journées et/ou demi-journées travaillées ainsi que la qualification des jours de repos (jours de congés, jours de repos, jours fériés, …).


Ce document est tenu par le salarié sous la responsabilité de l’employeur à qui il est remis chaque mois contre récépissé.

Le document de contrôle et de suivi mensuel renseigné par le salarié concerné est

transmis obligatoirement et systématiquement à son responsable hiérarchique.


Le salarié qui ne satisfait à cette obligation pourra faire l’objet d’une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement après mise en demeure de l’employeur de régulariser sa situation.

Un décompte des jours travaillés doit obligatoirement être effectué, chaque année, en récapitulant le nombre de journées travaillées par chaque salarié concerné. Le nombre de jours travaillés par le salarié sera recensé et affiché sur chaque bulletin de salaire.


Article 7 : Suivi & contrôle régulier de la charge de travail


L’accord prévoit un contrôle et un suivi de la charge de travail des salariés en forfait en jours afin que la charge de travail du salarié concerné soit appréciée et évaluée de telle sorte que le forfait ne soit pas impossible à respecter mais également que soient respectés le repos quotidien et hebdomadaire et une durée du travail raisonnable.
Le suivi de la charge de travail permet de garantir la protection de la sécurité et de la santé des salariés soumis au forfait et de prévenir la surcharge de travail.

Le suivi de la charge de travail des salariés soumis au forfait prendra donc la forme suivante, en les combinant :

Article 7.1 : Garanties individuelles


  • Un document de contrôle mensuel par lequel le salarié fait connaître ses journées et/ ou ses demi-journées travaillées, ainsi que la position et la qualification de ses jours de repos, remis à l’employeur contre récépissé ;


L'entreprise fournira aux salariés un document permettant de réaliser ce décompte.

  • Un entretien annuel individuel assuré par le supérieur hiérarchique qui porte sur l’organisation du travail et la charge du travail du salarié en forfait. Sont évoqués au cours de l’entretien :


- La charge de travail,
- L’amplitude des journées travaillées,
- L’organisation du travail dans l’entreprise,
- L’articulation entre l’activité professionnelle et la vie personnelle et familiale,
- La rémunération,
- Le suivi de la prise des jours de repos et de congés.

Lors de l’entretien, le salarié sera notamment invité à faire part de toute difficulté rencontrée dans l'organisation de son activité professionnelle et dans l'articulation de celle-ci avec sa vie personnelle.

En dehors de cet entretien, si le salarié constate que sa charge de travail est inadaptée à son forfait, qu'il rencontre des difficultés d'organisation ou d'articulation entre son activité professionnelle et sa vie personnelle, il pourra demander à être reçu par son supérieur hiérarchique en vue de prendre les mesures permettant de remédier à cette situation.

Ainsi, les entretiens peuvent se tenir plus d’une fois par an, soit autant que de besoin, à la demande du salarié ou de son supérieur.

Article 7.2 : Garantie collective


Chaque année, les représentants du personnel seront consultés sur le recours aux conventions de forfait ainsi que sur les modalités de suivi de la charge de travail des salariés concernés.

Article 8 : Rémunération


Les salariés bénéficiant d’une convention de forfait en jours perçoivent une rémunération forfaitaire, en contrepartie de l’exercice de sa mission.

La rémunération sera fixée sur l’année et sera versée par douzième indépendamment du nombre de jours travaillés dans le mois.


Article 9 : Conditions d’application et de suivi du présent accord


Article 9.1 : Durée de l’accord


Le présent accord est conclu pour une durée indéterminée et prendra effet à compter du 1er mars 2019.

Article 9.2 : Révision de l’accord


Conformément aux dispositions de l’article L 2222-5 du Code du travail, toute modification du présent accord jugée nécessaire par l’une des parties signataires pourra faire l’objet d’un avenant de révision.

Cet avenant donnera lieu aux mêmes formalités de publicité et de dépôt que celles accomplies lors de la signature du présent accord.

Article 9.3 : Formalités et publicité


En application de l’article L. 2231-5 du Code du travail, l’entreprise notifiera le présent accord aux organisations syndicales reconnues représentatives au niveau de la branche.

Le présent accord sera déposé par l’employeur à la DIRECCTE et au greffe du Conseil de Prud'hommes du lieu de conclusion de l’accord, ainsi que les pièces accompagnantes requises.

Enfin, le présent accord sera tenu à la disposition du personnel de l’entreprise.



Fait à Couzeix en quatre exemplaires originaux, le 18 Janvier 2019.


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