Accord d’entreprise relatif à la politique salariale (NAO) 2026/2027
pour l’ensemble des salariés Airbus Protect en France
Entre d’une part,
La société Airbus Protect représentée par
Et d’autre part,
Les organisations syndicales représentatives au sein de la société Airbus Protect :
L’Organisation Syndicale CFE-CGC
Représentée par son Délégué Syndical,
L’Organisation Syndicale CFTC
Représentée par son Délégué Syndical,
Ci-après dénommées « les parties »
Il a été convenu ce qui suit :
Préambule
Cet accord a été négocié à l’issue de trois réunions de négociation qui se sont tenues les 13 mars, 23 mars et 30 mars entre la Direction et les Organisations Syndicales représentatives, dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires.
Malgré un contexte géopolitique mondial particulièrement instable, l’inflation a évolué à la baisse en 2025 avec un niveau d’inflation constaté de 0,9% (hors tabac) sur l’ensemble de l’exercice.
L’année 2026 s’ouvre à nouveau dans un contexte instable, où les tensions géopolitiques et les soubresauts des marchés financiers créent un climat d'incertitude pour les affaires. Si l’inflation en France montre des signes de ralentissement qui restent à confirmer (estimée entre 1,3% et 1,4%), elle s'accompagne aussi d'un désengagement des politiques publiques de soutien et d’une augmentation du coût du travail via un certain nombre de mesures pleinement applicables pour cette année qui pèseront directement sur notre masse salariale et nos coûts de structure. L’analyse de nos résultats 2025 et de nos perspectives 2026 révèle une réalité exigeante. Si nos résultats 2025 demeurent résolument positifs même si factuellement moins importants que ceux de 2024, nous subirons en 2026 une contraction de notre chiffre d'affaires alors que nos coûts de structure continueront à progresser du fait du maintien d’investissements importants afin de préparer l’avenir (tels qu’en R&D, formations, sécurité informatique des locaux et des personnes, renforcement de notre infrastructure réseau et IT, poursuite des actions relatives à l’environnement de travail, etc…). Dans ce cadre, l’entreprise fera preuve d’une attention particulière quant à ses frais de structure et au maintien d’un niveau de rentabilité suffisamment élevé, même s’il atteindra cette année un point bas depuis la création de la structure Airbus Protect en 2022. Par ailleurs, la stabilisation de nos effectifs pour cette année contraindra notre modèle de société de services, limitant notre capacité à accompagner la croissance de nouveaux projets. Le positionnement d’Airbus Protect doit rester compétitif tant dans le Groupe Airbus qu’en dehors du Groupe. Face à ces vents contraires, notre stratégie pour 2026 repose sur une approche de
gestion responsable. Si des économies de coûts sont nécessaires pour maintenir une profitabilité acceptable, nous faisons le choix de sanctuariser les leviers de notre performance future :
Le développement des compétences : Maintien des efforts de formation technique et managériale.
L’innovation technologique : Poursuite des investissements dans l'IA et la cybersécurité.
La qualité de vie au travail : Préservation des investissements liés aux locaux et au bien-être des collaborateurs.
Pour remplir l’ensemble de ces défis, nous aurons à nouveau besoin de l’engagement des salariés d’Airbus Protect, le capital humain constituant le levier essentiel de création de notre valeur ajoutée, la politique salariale étant un des nombreux leviers de reconnaissance de cet engagement.
Toutefois, et compte tenu du fait qu’elle représente l’un de nos principaux coûts de structure, notre masse salariale doit demeurer maîtrisée. A cette fin, les partenaires sociaux et la Direction ont mené un dialogue fondé sur la volonté de rechercher le juste équilibre entre une politique salariale motivante, le souhait d'accroître l’attractivité et la rétention des collaborateurs et la compétitivité de l’entreprise.
Dans ce contexte et suite aux discussions, les parties ont convenu des termes du présent accord.
Il a été convenu ce qui suit :
Titre 1. Dispositions générales
Article 1 - Objet
Le présent accord porte sur la politique salariale 2026/2027 au sein de l’entreprise Airbus Protect SAS et s'inscrit dans le cadre de la négociation obligatoire sur la rémunération incluant les salaires.
Article 2 - Champ d’application
Le présent accord s’applique à l’ensemble des collaborateurs sous contrat de travail Airbus Protect France, à durée indéterminée ou déterminée (hors contrats de type particulier tels que les contrats d’alternance), et ayant intégré la société jusqu’au 1er avril 2026 inclus.
Article 3 - Date d’application et durée de l’accord
Le présent accord entrera en vigueur à compter de l’accomplissement des formalités de dépôt et de publicité. Le présent accord est conclu pour une période déterminée de 12 mois, du 1er juin 2026 au 31 mai 2027. L’accord expirera en conséquence le 31 mai 2027 sans autres formalités et ne sera pas tacitement renouvelé.
Article 4 - Révision et dénonciation
La procédure de révision du présent accord ne peut être engagée que par la Direction ou l’une des parties habilitées en application des dispositions du Code du travail. Information devra en être faite à la Direction, lorsque celle-ci n’est pas à l’origine de l’engagement de la procédure, et à chacune des autres parties habilitées à engager la procédure de révision par courrier électronique ou courrier recommandé avec accusé de réception. Le présent accord pourra être dénoncé par l'ensemble des parties signataires moyennant un préavis de 3 mois. Néanmoins, les parties signataires pourront, à l’occasion de la dénonciation et à l’unanimité, prévoir un délai de préavis différent. La Direction et les organisations syndicales représentatives se réuniront pendant la durée du préavis pour discuter des possibilités d'un nouvel accord.
Article 5 - Dépôt et publicité de l’accord
Le présent accord donnera lieu à dépôt dans les conditions prévues aux articles L. 2231-5 et D. 2231-2 et suivants du code du travail, à savoir dépôt sur la plateforme de téléprocédure du ministère du travail et en un exemplaire auprès du greffe du Conseil de prud'hommes compétent. Une information sera donnée au personnel et le présent accord sera mis à disposition des salariés.
Article 6 - Publication de l’accord
Le présent accord fera l’objet d’une publication dans la base de données nationale visée à l’article L. 2231-5-1 du Code du travail dans une version ne comportant pas les noms et prénoms des négociateurs et des signataires.
Article 7 - Communication de l’accord
Le texte du présent accord, une fois signé, sera notifié à l'ensemble des organisations syndicales représentatives d’Airbus Protect.
Titre 2. Dispositions relatives à la politique salariale 2026/2027
Article 8 - Augmentations de salaire
Article 8.1 - Budget pour les salariés Non-Cadres
Le montant du budget global est fixé à
2,3% de la masse salariale des salariés Non-Cadres éligibles.
Ce budget se répartit de la façon suivante :
1,4% au titre du budget des augmentations individuelles décidées par les managers, applicables sur la paie du mois de juin 2026 ;
0,9% au titre du budget d’augmentation générale : le budget au titre de l’augmentation générale est fixé à 0,9 % de la masse salariale de la population éligible, dont 0,1% consacré au financement d’un montant minimum d’AG de 30€ bruts (talon) :
Chaque salarié éligible percevra 0,8% d’augmentation générale applicable sur le salaire de base sur la paie du mois de juin 2026.
Le montant de cette augmentation générale ne pourra pas être inférieur à 30€ bruts (talon).
Les augmentations individuelles, tout comme les promotions, seront appliquées sur proposition de la hiérarchie.
Article 8.2 - Budget pour les salariés Cadres
Le montant du budget global est fixé à
2,3% de la masse salariale des salariés Cadres éligibles.
Ce budget se répartit de la façon suivante :
0,2% au titre du financement des augmentations individuelles liées à l’application des nouveaux minimas mensuels de salaire revalorisés des Cadres positions 2.1 - 105 à 2.2 - 130 inclus (cf. article 9) ;
2,1% au titre du budget des augmentations individuelles décidées par les managers, applicables sur la paie du mois de juin 2026.
Il est convenu entre les parties que le
montant minimum d’une augmentation individuelle ne pourra être inférieur à 80 euros bruts sur la base d’un contrat temps plein.
Dans le cas où un salarié bénéficierait à la fois d’une augmentation individuelle liée à l’application des nouveaux minimas mensuels de salaire revalorisés des Cadres positions 2.1 - 105 à 2.2 - 130 inclus et également d’une augmentation individuelle décidée par son manager, ce montant minimum d’augmentation individuelle de 80€ bruts sera apprécié en cumulant les deux mesures d’augmentations individuelles.
Un
taux de distribution d’augmentations individuelles d’au moins 70% de la population éligible Cadre devra être atteint pour cette population.
Les augmentations individuelles, tout comme les promotions, seront appliquées sur proposition de la hiérarchie.
Concernant les salariés qui n’auraient pas reçu d’augmentation individuelle au cours des exercices précédents 2024/2025 et 2025/2026, il sera organisé un entretien avec le responsable hiérarchique afin d’examiner leur situation.
Article 9 - Revalorisation de la grille interne des minimas de salaires
A compter du 1er juin 2026 et sur la paie du mois de juin 2026, la grille interne des minimas de salaires d’Airbus Protect évolue. Il a en effet été convenu entre les parties de revaloriser certains niveaux (en gras ci-dessous) de la grille interne des minimas de salaires applicables au sein d’Airbus Protect comme suit :
Statut Position / coefficient SYNTEC Grille interne AIRBUS PROTECT à compter de juin 2024 (référence annuelle ETP en Euros brut incluant prime 8,33%) Grille interne AIRBUS PROTECT à compter de juin 2026 (référence annuelle ETP en Euros brut incluant la prime annuelle de 8,33%)
CADRES Forfait jours IC POS 2.3 150 51 718,00 € 51 718,00 € CADRES Forfait jours IC POS 3.1 170 56 659,20 € 56 659,20 € CADRES Forfait jours IC POS 3.2 210 69 994,11 € 69 994,11 € CADRES Forfait jours IC POS 3.3 270 90 000,98 € 90 000,98 €
Pour les salariés des positions concernées dont le salaire de base au 01/06/2026 serait inférieur à ces nouvelles valeurs applicables, une augmentation individuelle permettant d’atteindre le nouveau minima mensuel sera applicable sur la paie du mois de juin 2026.
Article 10 - Gestion des promotions
Les promotions sont des actes de management majeurs qu’il convient de gérer de manière sécurisée pour le salarié donc en l’ayant préparé, et en l'exposant progressivement à de nouvelles responsabilités. Elles correspondent à une mise en cohérence progressive de la classification au niveau de responsabilité confié au salarié. En gérant les promotions une fois par an lors de la campagne des NAO, l'entreprise peut ainsi s'assurer que celles-ci sont équitables et proportionnées. Toutefois et dans un souci d’agilité, des situations de promotion sont gérées hors campagne annuelle. L’analyse est faite “au cas par cas”, avec un accompagnement et un développement associés et adaptés à la situation. Ces promotions concernent principalement des changements de filière professionnelle, dans le respect des minimas de coefficient de la nouvelle filière (application concrète des “career paths”) ou les changements de coefficient 105 à 115 selon les dispositions conventionnelles. Ces changements de coefficient sont opérés en cours d’année, selon l’évolution sur le nouveau poste. Si le salaire minimum du nouveau coefficient n’est pas atteint, le financement aura lieu en dehors de la campagne des NAO et dans la temporalité définie avec le management. Dans le cadre de cette gestion, la Direction s’engage à dépenser au minimum 0,1% de la masse salariale des salariés Non-Cadres et Cadres (basé sur la liste des salariés éligibles au 01/04/2026) sur la période du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027.
Article 11 - Suivi de l’accord
Compte tenu des incertitudes exceptionnelles sur le plan macro-économique et géopolitique, la Direction s'engage à réunir les organisations syndicales représentatives signataires au cours du dernier trimestre 2026, pour apprécier, en fonction des paramètres économiques et de la situation financière de l’entreprise, la nécessité de prendre d'éventuelles mesures complémentaires ou exceptionnelles.