Accord d'entreprise CONSTELLIUM MONTREUIL JUIGNE

Accord portant sur l'égalité professionnelle entre les Homes et les Femmes

Application de l'accord
Début : 25/04/2024
Fin : 25/04/2027

31 accords de la société CONSTELLIUM MONTREUIL JUIGNE

Le 15/04/2024


PROJET ACCORD SUR L’EGALITE PROFESSIONNELLE

ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES


Entre :

L'employeur

La société CONSTELLIUM MONTREUIL JUIGNE, sise 6 rue Pierre et Marie Curie, 49460 Montreuil-Juigné, représentée par Monsieur XXXXXXXXXX agissant en qualité de Directeur,


D’une part,
Et,

L’organisation syndicale CFDT représentée par son délégué syndical, M. XXXXXXXXX,

L’organisation syndicale CGT représentée par son délégué syndical, M. XXXXXXXXXX,

L’organisation syndicale CFE-CGC représentée par son délégué syndical, M. XXXXXXXXX,


D’autre part,

Article 1 : Préambule


1.1 - Cadre de l’accord


Le présent accord est conclu en application des articles L. 2242-5 et suivants du Code du travail, relatifs à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et visant à renforcer les principes de mixité entre les femmes et les hommes et supprimer les discriminations fondées sur le sexe.
Cette négociation porte notamment sur les conditions d’accès à l’emploi, à la formation et à la promotion professionnelle, sur les conditions de travail et d’emploi, et sur l’articulation entre la vie professionnelle et les responsabilités familiales.

1.2 - Principe de non-discrimination et d’égalité de traitement


La discrimination est une différence de traitement illégitime, c’est-à-dire fondée sur un motif inhérent à la personne, et non sur des motifs objectifs.

La société Constellium Montreuil Juigné rappelle son engagement contre toute forme de discrimination, conformément au code de conduite du Groupe Constellium et au dispositif législatif suivant :

  • Articles L1132-1 à L1132-3 qui fixent la liste des discriminations interdites,
  • Articles L1142-1 à L1142-6 qui fixent les principes applicables en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes
  • Articles L3221-1 à L3221-10 qui précisent les principes en matière d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes
  • La loi n°2008-496 du 27 mai 2008 portant sur diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre la discrimination et qui prohibe de manière générale, toute discrimination directe ou indirecte.

La société rappelle également que le principe d’égalité de traitement entre les femmes et les hommes, tout au long de leur vie professionnelle, est un droit qui s’applique dans les différents processus RH et qu’ils doivent donc reposer sur des critères exclusivement professionnels.

1.3 - Sensibilisation et information du personnel


L’évolution durable des mentalités et des comportements implique une prise de conscience au travers d’actions de sensibilisation et de communication.

Ainsi, les principaux acteurs de recrutement et la gestion de carrière seront sensibilisés sur le sujet de l’égalité professionnelle par une communication sur la situation comparée entre les hommes et les femmes et par une présentation complète et précise du présent accord.
  • Le service
  • Les responsables de service

Les salariés de la société Constellium Montreuil Juigné auront accès à une synthèse de cet accord par les moyens traditionnels de communication (affichage, voie électronique).

Des actions seront mises en œuvre pour l’éveil des consciences aux comportements inadaptés, ainsi ce pourront être : des actions de formations (biais inconscients, sensibilisation…), des affichages des « violentomètres » tant sur les comportements de harcèlement sexuel que dans le cadre des violences physiques et morales
Mesure : Nombre de bénéficiaires d’une action de formation ou de sensibilisation sur la situation de la femme à fin d’année lors d’un des deux accueils sécurité

1.4 – Situation comparée entre les femmes et les hommes


Dans le contexte industriel de la société Constellium Montreuil Juigné, les postes de production occupent une place prépondérante qui se traduit structurellement par la prédominance de salariés majoritairement masculins (92,35% de l’effectif de production) au 31 mars 2024.
Les autres services permettent d’améliorer la mixité sur le site même si l’effectif de salariés femmes reste inférieur à celui des hommes (13,77 % de femmes contre 86,23 % d’hommes) au 31 mars 2024.

La société Constellium Montreuil Juigné a mis en œuvre des mesures pour corriger les écarts de traitement non justifiés ou inexplicables entre les hommes et les femmes de l’entreprise. Ces efforts ont permis de rétablir des déséquilibres et certaines situations.

Le rapport du 25 mars 2024 et les données analysées lors des réunions de négociation ont montré des indicateurs en progression sur plusieurs années dans les différents thèmes prévus par la loi.
Ex : nombre d’augmentations individuelles par sexe, évolution du nombre de femmes en production, nombre de demandes de passage à temps partiel accepté ….
La Direction et les partenaires sociaux souhaitent poursuivre cette démarche d’amélioration déjà mise
en place et pérenniser les bonnes pratiques existantes ainsi qu’apporter de nouvelles mesures.

A l’issue des réunions des 4 mars, 25 mars et 8 avril 2024 et au vu de l’effectif de la société, trois domaines d’action ont été retenus : embauches - rémunération effective - articulation vie professionnelle, vie personnelle et familiale.

Cet accord s’applique à tous les salariés de la société Constellium Montreuil Juigné.

Article 2 : Embauches


2.1 – Objectif


La répartition de l’effectif entre les hommes (86,23%) et des femmes (13,77 %) est étroitement liée à la structure des emplois de la société dont la majorité des postes sont des postes de production impliquant une activité physique vers laquelle s’orientent davantage les hommes.
Le processus de sélection retient des critères qui reposent sur la formation initiale et continue, l’expérience professionnelle, les compétences et le potentiel par rapport au poste proposé.
Au terme de l’accord, l’objectif poursuivi est d’augmenter le ratio de l’effectif féminin dans les différents services.

2.2 - Indicateurs


  • – Recrutements


Population salariée : Il est prévu qu’au terme de l’accord, la population totale de femmes dans l’entreprise soit comprise entre 15 et 20% de l’effectif à fin décembre 2026. En particulier, sur la population de la classification A1 à C6, intégrer a minima 2 femmes au sein de la classification A1 à C6 par année d’application.
Population en stages et alternance : l’objectif est que la moyenne annuelle des alternants et stagiaires FEMMES soit supérieure ou égale à 15% de la totalité de cette population.
Travailleurs temporaires : l’objectif est que la moyenne des femmes en travail temporaire suive la répartition de la population salariée de l’entreprise.
Mesure : Répartition des effectifs et évolution sur les 3 dernières années
Nombre de transformation de missions intérims en CDI pour la population d’intérimaires féminines

Les moyens à mettre en œuvre passeront par une sensibilisation de l’ensemble des acteurs concernés à savoir les cabinets de recrutement, les agences de travail temporaire, les établissements d’enseignement, les instances professionnelles ainsi que le management opérationnel.

Cela passe aussi par une information sur l’accessibilité de nos métiers au public féminin.

A ce titre, la Direction s’est rapprochée de l’association « Industrielles » afin de participer avec elle à des actions de promotions de nos métiers vers les jeunes filles / jeunes femmes.
Mesure : nombre d’actions de sensibilisation

2.2.2 – Intégration de femmes en production


Afin de faciliter l’accès des femmes aux emplois en production, il est prévu que chaque femme recrutée dans un de ces postes puisse bénéficier dans les 3 mois suivant son embauche, d’un entretien formalisé avec le service RH ; l’objectif étant de s’assurer de la bonne intégration dans l’UAP/service de la salariée concernée.
Mesure : Nombre d’entretiens de suivi d’intégration réalisés par rapport au nombre d’embauches en production
L’entreprise rappellera par tout moyen ce qu’est un comportement inapproprié. Si malgré tout, ce type de comportement devait intervenir il est entendu que toute victime d’un comportement inapproprié prouvé de la part d’un(e) collègue aura le choix de rester au sein du service, de l’UAP ou de l’équipe. Le ou la collègue à l’origine des faits incriminés sera reçu, entendu, éventuellement sanctionné. Il pourra être déplacé sur demande de la victime et sur avis du référent harcèlement et propos sexistes et un représentant du service RH.

Article 3 : Rémunération effective

3.1 – Objectif


Au-delà des problématiques d’embauche et d’insertion dans la société, l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes doit être garantie tout au long de la carrière professionnelle des uns et des autres.

3.2 - Indicateurs


3.2.1 – Promotions


On observe une égalité de traitement entre le pourcentage de promotions accordé aux hommes et aux femmes.

L’objectif est donc de maintenir cet équilibre et d’observer une proportion équivalente de promotion annuelle entre les hommes et les femmes à l’intérieur de chaque catégorie par rapport à la proportion d’hommes et de femmes dans ces mêmes catégories.
Mesure : Nombre de promotions par Groupe d’emplois et par sexe sur le nombre total de promotions

3.2.2 – Augmentations générales et individuelles


On devra observer annuellement une proportion équivalente de revalorisation de salaires entre les hommes et les femmes, par rapport à la proportion constatée entre le nombre d’hommes et de femmes appartenant à chaque Groupe d’emplois.
Mesure : nombre d’AI par Groupe d’emplois et par sexe sur le nombre total d’AI et montant moyen des AI – viser un écart maximum de 20%

De plus, il est rappelé que, conformément à la règlementation, la salariée bénéficie pendant son congé maternité et à son issue, des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée du congé par les salariés relevant du même Groupe d’emplois.

3.2.3 – Salaire de base


L’état des lieux présenté au 1er janvier 2024, par classification, sexe et tranche d’ancienneté laisse apparaître un écart explicable et justifié entre les salaires de base moyen des femmes et des hommes.
Mesure : maintien de l’écart maximum de 5% sur les classes d’emplois par sexe et tranche d’ancienneté
Si un écart non fondé non justifié intervenait, une enveloppe serait allouée pour réduire l’écart.

3.2.4 – Parentalité


Etat de grossesse et 3X8
Les salariées sous une organisation de travail en 3X8 ayant déclaré un état de grossesse pourront bénéficier, pendant la durée de leur grossesse, d’un aménagement de leur organisation de travail, sur leur demande écrite, avec un passage temporaire en 1x8, 2X8 ou en journée (selon les possibilités du service) sans perte de leur forfait 3X8.
Mesure : Nombre de demandes de modification temporaire de l’organisation de travail

Congé paternité
Les salariés de tous les groupes d’emplois ayant plus d’un an d’ancienneté et prenant un congé paternité verront leur rémunération maintenue à hauteur de 100% pour toute la durée du congé de paternité.
De plus, en complément de ce maintien de salaire, pour la durée relative à ce congé, le mécanisme de subrogation est mis en place pour supprimer les différés d’indemnisation par la sécurité sociale. La subrogation permet à l’employeur de percevoir directement, en lieu et place du salarié, les indemnités journalières qui lui sont dues. En contrepartie, le salarié s’engage à effectuer toutes les démarches administratives et à fournir toutes les pièces justificatives pour la mise en œuvre de ce dispositif.
Mesure : nombre de congés paternité et subrogations mises en œuvre et le coût associé


Article 4 – Articulation vie professionnelle, vie personnelle et familiale


4.1 – Objectif


Certaines difficultés peuvent apparaître dans l’articulation entre la vie professionnelle, personnelle et familiale. L’objet de ce domaine d’action est de contribuer à lever certains obstacles et à améliorer l’équilibre pour tous les collaborateurs (hommes et femmes).

4.2 - Indicateurs


4.2.1 – Congé maternité, congé d’adoption, congé parental d’éducation


Amélioration des conditions de retour de collaborateurs dans la société après leurs congés familiaux (congé maternité, parental) par l’organisation d’un entretien de reprise d’activité à l’issue afin d’échanger avec eux sur les conditions de leur reprise.
Mesure : nombre d’entretiens réalisés

Dans le même esprit, les mères de retour de congé maternité bénéficieront du maintien de salaire pendant 10 jours ouvrés consécutifs travaillés à mi-temps pour accompagner l’adaptation de l’enfant au système de garde.

4.2.2 – Organisation du travail


Temps partiel choisi : cette forme d’organisation de travail peut permettre de mieux concilier vie professionnelle, vie personnelle et familiale.
La société affirme son engagement à laisser le choix du temps partiel aux collaborateurs (hommes et femmes), à condition que cette organisation, soit compatible avec les contraintes du service. La priorisation au sein d’un service ou d’une équipe sera faite en fonction de la date de demande. Concernant le choix du jour, la priorité sera donnée aux collaborateurs dont le dernier enfant scolarisé est âgé de moins de 10 ans ou qui élèvent un enfant avec un handicap.
Mesure : nombre de demandes de temps partiel et nombre de demandes acceptées

Prise de RTT : priorisation de l’attribution des RTT le vendredi soir pour les parents séparés d’enfants de moins de 16 ans travaillant de nuit et pratiquant la garde alternée.
Mesure : nombre de demandes et nombre de demandes acceptées

Réunions et déplacements et recours ponctuel au télétravail : dans la mesure du possible, les réunions de service et les déplacements seront programmés à l’avance afin de permettre aux collaborateurs de s’organiser et en tenant compte de leurs horaires habituels.
Le développement de nouvelles technologies devra permettre de faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle (visio-conférences, recours ponctuel au télétravail). A cette fin, un accord relatif au télétravail a été négocié et conclu en juillet 2021, il sera revu avant fin juin 2024.
Les managers seront sensibilisés à la mise en place de bonnes pratiques.
Mesure : nombre de jours de télétravail accordés à la demande du salarié dans la limite fixée par l’accord télétravail

Formation : l’objectif est de faciliter l’accès et la participation à la formation en conciliant vie personnelle et professionnelle en rapprochant, lorsque c’est possible, les lieux de formation du lieu de travail, en privilégiant les formations dans les locaux de la société et en évitant les départs en formation en dehors des horaires habituels des collaborateurs.
Le recours au e-learning sera également favorisé, sur les formations le permettant
Mesure : pourcentage de formations réalisées hors et dans les locaux de l’entreprise

Favoriser l’accès à tous les postes de travail aux salariés des deux sexes, en liaison avec les membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail ou tout organe s’y substituant, en réduisant la pénibilité physique des postes de travail et améliorant leur aménagement et leur ergonomie, ce qui contribue à les rendre plus attractifs pour les femmes tout en améliorant les conditions de travail de l’ensemble des salariés
Mesure : Nombre d’actions d’amélioration et d’études de poste réalisées en vue de faciliter l’accès des femmes au poste

Article 5 – Modalités de suivi de l’accord

Le suivi de l’accord sera effectué par une commission de suivi composée des délégués syndicaux de l’entreprise et d’un accompagnateur ou, en cas d’absence, d’une personne désignée par eux à cet effet.

Cette commission se réunira une fois par an afin de constater la réalisation des actions décrites aux articles précédents et établira un bilan de suivi du présent accord qu’elle présentera au CSE.

Article 6 – Durée de l’accord


Le présent accord est conclu pour une durée déterminée de trois ans et entrera en vigueur à compter de la date de son dépôt.

Article 7 – Publicité


Le présent accord sera déposé sur la plateforme de téléprocédure dont une version publiable au format .DOCX de laquelle sera supprimée toute mention de nom, prénom, paraphe ou signature de personnes physiques.
Les Parties rappellent qu’en application de l’article L. 2231-5-1 du Code du travail, tout ou partie du présent accord pourra ne pas faire l’objet d’une publication en cas d’accord postérieur en ce sens ou de décision unilatérale de l’Entreprise d’occulter les éléments portant atteinte à ses intérêts stratégiques.

Il sera déposé en un exemplaire au secrétariat-greffe du conseil de prud’hommes.
Le présent accord est également notifié à l’ensemble des organisations syndicales représentatives dans l’entreprise et porté à la connaissance des salariés

Article 8 – Révision


Le présent accord pourra être révisé, à tout moment, pendant la période d’application par accord entre les parties.

Toute demande de révision, totale ou partielle, devra être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception adressée aux autres parties signataires. Elle doit être accompagnée d’une proposition nouvelle sur les points à réviser.

La discussion de la demande de révision doit s’engager dans les 3 mois suivants la présentation de celle-ci. Toute modification fera l’objet d’un avenant conclu dans les conditions prévues par les dispositions législatives et réglementaires.

Fait à Montreuil Juigné,
Le, 15 avril 2024 en 4 exemplaires

Pour la CFDT Pour la Direction
XXXXXXXXXX XXXXXXXXXXX





Pour la CGTPour la CFE-CGC
XXXXXXXXXX XXXXXXXXXXX

Mise à jour : 2024-04-25

Source : DILA

DILA

https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/acco-accords-dentreprise/

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