ACCORD RELATIF A LA NEGOCIATION ANNUELLE OBLIGATOIRE
ANNEE 2026
Préambule
Les Négociations annuelles Obligatoires 2026 se sont ouvertes le 20/01/2026 avec la délégation syndicale. Dans ce cadre les sujets suivants ont été abordés :
Les salaires effectifs
La durée effective et l’organisation du temps de travail
L’intéressement, la participation et l’épargne salariale
Les régimes de prévoyance et frais de santé
Le suivi de la mise en œuvre des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération et les différences de déroulement de carrière entre les femmes et les hommes.
L’égalité professionnelle, la qualité de vie et les conditions de travail et le droit à la déconnexion
Les documents et informations sur ces sujets ont été remis aux partenaires et la délégation syndicale a également présenté ses demandes à la direction. Ces différents points ont été discutés au cours de plusieurs réunions ayant eu lieu les 12/02/2026, 03/03/2026, et le 12/03/2026. Il est important de souligner que la négociation annuelle relative à la rémunération et aux salaires effectifs de 2026 intervient dans le contexte d’une deuxième année d’activité pour la société Le Marché Duty free, sur un contrat de 5 ans. La mise en œuvre des opérations a été complexe et intense, avec de nombreux projets additionnels à gérer (ouverture d’un nouveau point de vente, location d’un nouvel entrepôt déporté, …) et les investissements dans ce cadre ont été importants sur la première année d’opération. Les objectifs du business plan n’ont pas été atteints et la première année d’opération s’est soldée par un résultat négatif très conséquent. Néanmoins les indicateurs économiques de l’entreprise sont encourageants malgré le niveau de trafic Eurotunnel qui peine à progresser. La deuxième année fiscale 2025- 2026 n’est pas encore terminée, mais les estimations semblent tendre vers un résultat moins déficitaire qu’en année une, cependant le contexte reste complexe. L’entreprise a su réaliser des économies, stabiliser et réduire les coûts, et surtout développer le chiffre d’affaires, même s’il sera difficile d’atteindre l’objectif. Les objectifs budgétaires sont ambitieux pour les 3 années à venir et Le Marché Duty Free devra relever des défis importants pour assurer sa rentabilité. Il faut donc se montrer prudent sur la dérive des charges, notamment de personnel, afin de préserver le résultat et conserver la capacité d’embaucher et de former des ressources pour accompagner le développement du chiffre d’affaires. Il est important également de souligner que le contexte de l’activité n’est plus du tout le même et que les conditions contractuelles de l’activité induisent un niveau de charge beaucoup plus important au niveau des redevances à verser au concédant. L’entreprise doit aussi réaliser des investissements importants dans le cadre des travaux pour le déploiement du nouveau concept commercial pour la boutique principale. Dans un proche avenir, il faudra également s’adapter à la nouvelle réglementation EES (nouvelle obligation d’enregistrement des passagers non Européens circulant en UE) qui pourrait avoir des conséquences sur le flux client et ainsi générer des impacts négatifs importants sur l’activité. Enfin, l’évolution du taux de change de la Livre Sterling pourrait également avoir un impact négatif sur notre activité. La Direction a donc proposé de limiter les augmentations de salaire sur la tendance de l’inflation et de la revalorisation du SMIC afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés. Parallèlement, les représentants syndicaux ont fait valoir que les salariés devaient continuer de faire face, selon eux à une hausse des prix importante, notamment en ce qui concerne l’énergie et les coûts de transport. Ils ont mis en avant le recul du pouvoir d’achat des salariés dans le contexte actuel. Ils ont aussi indiqué que les salariés avait l’impression d’avoir beaucoup donné à l’entreprise pendant ces deux premières années d’activité avec des conditions de travail plus difficiles. Ils sont restés mobilisés dans un contexte où ils ont dû faire face à un fort développement de l’activité, avec notamment des nouveaux créneaux de nuit au fret, et ils sont extrêmement déçus de constater que malgré leur engagement au quotidien pour développer le chiffre d’affaires, tous ces efforts se soldent finalement par un résultat négatif. Ils sont inquiets pour la rentabilité de l’entreprise dans le cadre des conditions du contrat signé avec Eurotunnel et du niveau des objectifs de vente pour les années à venir qui seront très difficiles à atteindre pour le déclenchement des primes commerciales. Les salariés seront aussi pénalisés car ils ne percevront plus de primes de participation aux bénéfices. Dans ce cadre ils ont présenté une liste de demandes de revalorisation des salaires bruts et de différents éléments variables. La direction a fait valoir que les salariés avaient eu des revalorisations bien au-delà de l’inflation lors des 3 dernières années et qu’il fallait être raisonnable et tenir compte du contexte de l’entreprise et de ses défis. Après discussions et négociations, la direction et les syndicats ont pu échanger autour de plusieurs propositions et contre-propositions et se sont accordés sur les mesures ci-après détaillées, permettant de maintenir un gain substantiel du pouvoir d’achat pour 2026.
Article 1/ CHAMP D’APPLICATION
Les dispositions du présent accord s'appliqueront aux salariés de la société LE MARCHE DUTY FREE, dont le siège est situé Terminal Eurotunnel, Bâtiment Charles Dickens, 62 231 COQUELLES, et concernera l’ensemble des établissements.
Article 2/ OBJET DE L’ACCORD
Augmentation des salaires
Les parties se mettent d’accord sur les évolutions salariales suivantes :
Il sera accordé aux salariés de l’ensemble des catégories socio professionnelles, titulaires d’un contrat de travail en vigueur au 1er avril 2026, une augmentation générale du salaire brut de base de +2%.
Cette disposition entre en vigueur au 1er avril 2025.
Indemnisation des jours de carence pour maladie et accident de trajet
La mesure d’indemnisation des trois premiers jours de carence maladie ou accident de trajet à 100% est prolongée pour l’année 2026.
En effet, afin d’éviter de pénaliser les salariés qui sont contraints de s’absenter ponctuellement pour des raisons médicales, l’entreprise a décidé de maintenir l’indemnisation des 3 premiers jours de carence du premier arrêt de travail pour maladie au cours de l’année calendaire. L’objectif cible de taux d’absentéisme maladie et accident de trajet était fixé à 2% pour l’année 2025. Au global, il a été largement dépassé mais ceci est principalement dû à l’impact d’arrêts longue durée supérieurs à 30 jours. Le taux d’absentéisme pour les arrêts ponctuels inférieurs à 30 jours est également légèrement au-dessus de l’objectif cible, mais sans réelle dérive des indicateurs, la direction a décidé d’accepter de reconduire cette mesure pour l’année. L’objectif pour 2026 reste fixé à 2%. Un point sera effectué lors des prochaines NAO et cette mesure sera réétudiée afin de décider de son éventuelle prolongation pour l’année suivante. Le bénéfice de cette disposition ne s’applique qu’aux salariés en CDI ayant au minimum 1 an d’ancienneté à la date de l’arrêt. Ces dispositions entrent en application de manière rétroactive au 1er janvier 2026.
Majoration des heures de nuit entre 22h00 et 06h00
L’entreprise applique jusqu’à présent les dispositions de la Convention Collective Nationale du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, soit une majoration de 20% du salaire horaire brut de base pour toute heure accomplie entre 22 h et 05h. De plus, par une disposition propre à Le Marché Duty Free, toute heure de travail effectuée entre 5 h et 6 h donne également lieu à une majoration de 20% du salaire horaire de base.
Il a été décidé de modifier le taux de majoration des heures de nuit et de le passer à 30% du salaire horaire brut de base pour toute heure de travail effectuée entre 22h00 et 06h00.
Cette disposition sera également mise à jour dans l’accord de rémunération variable par un avenant afin de pérenniser la mesure.
Elle entrera en application au 01/04/2026 (soit en paie de mai, du fait du décalage d’un mois de la prise en compte des éléments variables en paie).
Indemnité kilométrique de déplacement entre le domicile et le lieu de travail
L’entreprise participe de manière forfaitaire aux frais de transport de l’ensemble des salariés, utilisant leur véhicule personnel pour se rendre sur leur lieu de travail. Cette disposition est encadrée par l’accord de rémunération variable. La participation forfaitaire versée à l’ensemble du personnel concerné sous la forme d’une indemnité kilométrique s’élève actuellement à 2€ nets par jour de travail si le salarié utilise son véhicule personnel.
Il a été décidé de faire évoluer la valeur forfaitaire de cette indemnité à 4€ nets par jour de travail.
Les règles d’attribution de cette indemnité demeurent inchangées. Seule la valeur forfaitaire unitaire est modifiée.
Cette disposition sera également mise à jour dans l’accord de rémunération variable par un avenant afin de pérenniser la mesure.
Elle entrera en application au 01/04/2026 (soit en paie de mai, du fait du décalage d’un mois de la prise en compte des éléments variables en paie).
Participation de l’employeur aux frais de repas
Paniers repas :
L’entreprise participe aux frais de repas des salariés affectés aux opérations qui sont dans l’obligation de prendre leur repas sur le lieu de travail, du fait de l’organisation du travail en roulement et des horaires. Cette disposition est encadrée par l’accord de rémunération variable. La participation forfaitaire versée sous la forme d’une indemnité de panier nette s’élève à l’heure actuelle à 4,70€ par jour de travail.
Il a été décidé de faire évoluer la valeur forfaitaire de cette indemnité de panier repas à 5€ nets par jour de travail.
Les règles d’attribution demeurent inchangées. Seule la valeur forfaitaire unitaire est modifiée.
Cette disposition sera également mise à jour dans l’accord de rémunération variable par un avenant afin de pérenniser la mesure.
Elle entrera en application au 01/04/2026 (soit en paie de mai, du fait du décalage d’un mois de la prise en compte des éléments variables en paie).
Titres restaurant :
Pour les salariés non affectés aux opérations, l’entreprise participe aux frais de repas sous la forme de titres restaurants, financés à 60% par l’employeur et à 40% par les salariés concernés. Cette disposition est encadrée par l’accord de rémunération variable. La valeur faciale du titre repas, est à l’heure actuelle de 8,20€ par jour de travail (soit 4,92€ part patronale et 3,28€ part salariale).
Il a été décidé de faire évoluer la valeur faciale unitaire du titre restaurant et de la porter à 8,70€ par jour de travail, soit 5,22€ part patronale et 3,48€ part salariale.
Les règles d’attribution des titres restaurant demeurent inchangées. Seule la valeur faciale unitaire est modifiée.
Cette disposition sera également mise à jour dans l’accord de rémunération variable par un avenant afin de pérenniser la mesure.
Elle entrera en application au 01/04/2026 (soit en paie de mai, du fait du décalage d’un mois de la prise en compte des éléments variables en paie).
Article 3/ PUBLICITE
Le présent accord prend effet à la date de signature, mais la date d’application de chaque mesure est précisée dans chaque sous partie correspondante. Conformément aux articles D. 2231-2, D. 2231-4 et L. 2231-5-1 du Code du travail, le présent accord est déposé sur la plateforme de télé procédure du ministère du travail et du greffe du Conseil de Prud’hommes de Calais. Conformément à l’article L. 2231-5 du Code du travail, le présent accord est notifié à chacune des organisations représentatives. Il sera également diffusé au sein de l’entreprise par les moyens habituels.
Fait à Coquelles, en 3 exemplaires le 30/03/2026
Pour l’Entreprise :Pour les organisations syndicales :
XXXXXXXXXXXXXXXXXXPour la CGT Country Manager - FranceXXXXXXXXXXX – Délégué Syndical