ACCORD SUR LE BON USAGE DES OUTILS NUMERIQUES ET LE DROIT A LA DECONNEXION
ENTRE :
La Société Publique Locale de Développement Touristique du Cotentin, dont le siège social est 3 avenue de la République – BP 101 – 50270 BARNEVILLE-CARTERET, immatriculée au RCS de Cherbourg sous le n°832 786 594, représentée par ......................................., en sa qualité de Président Directeur Général.
Ci-après désigné « La SPL »
D’une part,
Et :
Les organisations syndicales représentatives au sein de la société, représentées par :
......................................, en sa qualité de déléguée syndicale CGT
D’autre part,
S O M M A I R E TOC \o "1-3" \h \z \u PREAMBULE PAGEREF _Toc223526307 \h 1 Article 1er – Salariés concernés PAGEREF _Toc223526308 \h 2 Article 2 – Les outils numériques concernés PAGEREF _Toc223526309 \h 2 Article 3 – Règles de bon usage des outils numériques PAGEREF _Toc223526310 \h 2 Article 4 – Droit à la déconnexion PAGEREF _Toc223526311 \h 3 4.1 Affirmation et modalités d’exercice du droit à la déconnexion PAGEREF _Toc223526312 \h 3 4.2 Rôle des responsables hiérarchiques PAGEREF _Toc223526313 \h 4 Article 5 – Usage des outils d’intelligence artificielle PAGEREF _Toc223526314 \h 4 Article 6 – Durée indéterminée et entrée en vigueur PAGEREF _Toc223526315 \h 5 Article 7 – Suivi de l’accord et clause de rendez-vous PAGEREF _Toc223526316 \h 5 Article 8 – Révision et dénonciation PAGEREF _Toc223526317 \h 5 Article 9 – Consultation et dépôt PAGEREF _Toc223526318 \h 5
PREAMBULE
La loi Travail du 8 août 2016 a consacré un droit à la déconnexion des salariés, et a renvoyé à la négociation collective au niveau de l’entreprise le soin d’en déterminer les modalités. Depuis le 1er janvier 2017, la négociation obligatoire « égalité professionnelle et qualité de vie au travail » doit aborder les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que la vie personnelle et familiale. Le présent accord a pour objet de répondre à ces objectifs.
Il est rappelé que le bon usage des outils informatiques est de la responsabilité de tous et que chaque salarié, à son niveau, est acteur du respect du droit à la déconnexion et ainsi de la qualité de vie au travail. C’est pourquoi les règles et principes énoncés ci-dessous doivent être respectés indépendamment du poste occupé au sein de la SPL.
Les parties précisent que plusieurs réunions de négociation ont eu lieu avant la signature des présentes :
26 mars 2026,
9 avril 2026,
30 avril 2026.
Lors des négociations, chacune des parties a été mise en capacité d’accéder et de consulter les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, ainsi que la convention collective de branche des organismes de tourisme (Brochure JO n°3175 ; IDCC n°1909).
Elles ont notamment parfaitement été informées que, conformément à l’article L.2253-3 du code du travail, les stipulations de l’accord d’entreprise prévalent sur celles, ayant le même objet, prévues par l’accord de branche.
Elles ont enfin pris attache avec leurs Conseils respectifs pour les assister.
C’est donc après avoir loyalement et sincèrement négocié, avoir pris le temps de la réflexion et reçu toutes les informations et conseils jugés nécessaires par elles, que les parties ont librement signé les présentes.
Pour les sujets non traités dans les articles de cet accord, seront appliquées les dispositions de la convention collective mentionnée ci-dessus, dès lors que l’activité principale de la SPL relève de son champ d’application.
Ceci ayant été préalablement rappelé, il est convenu ce qui suit :
Article 1er – Salariés concernés
Les dispositions du présent accord, s’appliquent à l’ensemble des salariés :
de droit privé de la SPL,
cadres et non-cadres,
fonctionnaires détachés,
(ci-après désignés sous le terme générique de « salariés »), et ce quels que soient les modes d’organisation, de décompte et de contrôle de la durée du travail.
Article 2 – Les outils numériques concernés
Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) font aujourd’hui de plus en plus partie intégrante de l’environnement de travail et sont indispensables au fonctionnement de la SPL.
Sont ainsi visés :
les outils physiques connectés tels que les ordinateurs (fixes, portables), les tablettes, les téléphones portables, les smartphones…
les outils dématérialisés tels que les connexions à distance, les courriers électroniques, l’internet, l’intranet…,
l’Intelligence Artificielle.
Article 3 – Règles de bon usage des outils numériques
L’ensemble de ces outils permet aux salariés d’être joignables aisément et à distance. Ils facilitent les échanges d’informations et permettent une communication en temps réel en s’affranchissant des barrières spatiales et temporelles.
En cela, ils permettent une meilleure circulation de l’information, et plus globalement des données et améliorent tant la productivité que la réactivité des acteurs de la SPL.
Pour autant, cette accélération de la circulation de l’information en modifiant les relations et l’environnement de travail peut induire des effets négatifs :
le sentiment d’urgence lié à la réactivité que semblent « imposer » l’outil et la fluidité de l’information,
le sentiment d’un trop plein d’informations et de sollicitations rendant difficile la hiérarchisation des priorités,
l’augmentation des interruptions dans l’exécution des tâches, l’empiètement de la vie professionnelle sur la vie privée et inversement….
Pour l’ensemble de ces raisons, les parties ont décidé de fixer la liste des règles et principes de bon usage des outils numériques afin de favoriser des pratiques professionnelles harmonieuses et propices à un environnement de travail efficace et qualitatif. * Ainsi qu’il l’a été rappelé dans le préambule ci-dessus, la bonne utilisation des outils numériques est l’affaire de tous.
Il est également rappelé que si l'employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.
Lors de son activité professionnelle, chaque salarié s’engage à se conformer aux règles de bon usage des outils numériques suivantes :
désactiver les alertes sonores et visuelles de ses équipements professionnels ainsi que de ses équipements personnels (limités aux seules urgences), lors de l’arrivée des nouveaux messages (mail, sms…) afin de limiter le nombre d’interruptions dans l’exécution des tâches et afin de limiter les nuisances sonores notamment vis-à-vis des autres collègues partageant le même bureau, les mêmes locaux,
se réserver des plages horaires, sur le temps de travail, consacrées à la consultation et au traitement des messages professionnels, les messages personnels doivent être traités hors temps de travail,
actionner le « gestionnaire d’absences du bureau » et indiquer le nom d’une personne ou les coordonnées du service à contacter dans le message d’absence du bureau,
veiller à tenir à jour le calendrier Outlook des absences certes mais aussi des autres indisponibilités,
s’assurer de la disponibilité des collaborateurs (calendrier Outlook à jour) avant toute planification de RDV, réunions,
veiller à respecter la planification des horaires de chacun des collaborateurs avant toute planification de RDV, réunions (cas des temps partiels, des salariés soumis aux horaires individualisés avec les plages fixes imposées et les plages variables, les absences inscrites à l’agenda...),
favoriser les échanges directs (téléphone, réunion physique) lorsque les sujets à aborder sont complexes ou susceptibles de situations conflictuelles,
cibler avec précision le ou les destinataires et utiliser avec modération les fonctions de mise en copie,
limiter au strict nécessaire l’insertion des pièces jointes,
préciser si le dossier est urgent et indiquer son délai maximal de traitement,
ne pas écrire en majuscules et/ou en couleur rouge car cela peut susciter un sentiment d’agression chez le récepteur.
Article 4 – Droit à la déconnexion
4.1 Affirmation et modalités d’exercice du droit à la déconnexion
Le présent accord consacre un droit individuel à la déconnexion pour chaque salarié de la SPL.
Ce droit à la déconnexion se traduit par l’absence d’obligation, pour chaque salarié, d’utiliser, pour des motifs professionnels, les TIC mises à sa disposition par la SPL, ou encore ceux qu’il possède à titre personnel, en dehors des périodes habituelles de travail et notamment lors :
des périodes de repos quotidien,
des périodes de repos hebdomadaire,
des absences justifiées pour maladie ou accident,
et des congés de quelque nature que ce soit (congés payés, maternité, JRTT, JNT,…).
Ainsi, aucun salarié n’est tenu de répondre au téléphone, aux e-mails, aux messages, aux SMS adressés durant les périodes visées ci-dessus.
De même, pendant ces mêmes périodes, aucun salarié n’est tenu de se connecter à distance par tout moyen pour prendre connaissance de messages de quelque nature que ce soit.
En cas de circonstances très exceptionnelles, par exemple une situation d’urgence notamment liée à la mise en exécution d’un plan de continuité de l’activité (PCA), des exceptions au droit à la déconnexion pourront être mises en œuvre.
4.2 Rôle des responsables hiérarchiques
Il appartient à chaque responsable hiérarchique de veiller au respect du droit à la déconnexion par les collaborateurs de son équipe et de faire preuve d’exemplarité, notamment en s’abstenant d’adresser des e-mails (sms ou de passer des appels téléphoniques) pendant les périodes de repos, de congés et hors les périodes habituelles de travail, sauf cas exceptionnels (remplacement d’un collaborateur subitement absent par exemple) où les contacts sont indispensables au bon fonctionnement du service (sinon privilégier l’usage de la livraison différée des messages par e-mail).
De manière exceptionnelle, et en cas :
de modification imprévue du planning prévisionnel individuel pour les salariés en saisonnalité,
de mobilisation imprévue d’autres salariés pour travailler le dimanche, les jours fériés et de nuit,
les salariés pourront être contactés sur leurs outils numériques personnels, et ce uniquement pendant les périodes où ils ne seront pas tenus d’avoir accès aux outils professionnels.
Dans ce cas, le salarié doit être informé par un échange oral (notamment messagerie) ou écrit (SMS, mail) du caractère urgent ou important de la demande.
En cas de contacts répétés sur les outils personnels pendant les périodes de repos, le salarié pourra demander un entretien avec son responsable hiérarchique et le service administratif pour analyser notamment sa charge individuelle de travail.
Article 5 – Usage des outils d’intelligence artificielle
Les salariés de la SPL peuvent utiliser des outils d’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de leur activité professionnelle.
Sont considérés comme outils d’IA les systèmes numériques capables de produire des contenus, analyses ou recommandations automatisées à partir de modèles algorithmiques ou prédictifs, qu’ils soient autonomes ou intégrés aux outils professionnels de la SPL.
Les outils d’IA ont vocation à soutenir l’activité des salariés. Ils ne se substituent pas à leur jugement professionnel, ni aux processus internes de conformité, de validation et de décision en vigueur au sein de la SPL.
Par conséquent, les salariés qui utilisent des outils IA à des fins professionnelles doivent respecter :
les règles de confidentialité, de sécurité et de protection des données applicables ;
l’interdiction de transmettre dans tout système d’IA des données sensibles, stratégiques, comptables et financières ; RH, sécurité ou susceptibles de porter atteinte aux intérêts de la SPL,
l’obligation pour le salarié de vérifier l’exactitude et la conformité des contenus générés avant tout usage professionnel.
Les outils d’IA ne doivent en aucun cas conduire à solliciter les salariés en dehors du temps de travail. Les systèmes de notification, suggestion ou alerte doivent être configurés afin de ne pas générer d’activité ou d’incitation implicite hors horaires de travail, sauf astreinte organisée.
La SPL informe les salariés d’une éventuelle introduction ou de la modification substantielle d’outils d’IA en interne, de leur finalité, de leur périmètre d’utilisation et des données traitées. Elle met en place les actions de sensibilisation nécessaires à un usage conforme et sécurisé. L’introduction ou l’usage d’outils d’IA par la SPL ne peut avoir pour effet :
d’intensifier la charge de travail ou la pression à la réactivité,
de générer une surveillance automatisée ou implicite des performances,
de modifier les conditions de travail sans information préalable des représentants du personnel et évaluation dans le cadre du DUERP.
Article 6 – Durée indéterminée et entrée en vigueur
Cet accord est conclu pour une durée indéterminée. Il entrera en vigueur le lendemain de sa signature. Il sera renégocié tous les 4 ans à compter de la date de sa signature.
Article 7 – Suivi de l’accord et clause de rendez-vous
Afin de réaliser un suivi de l’application de cet accord, une réunion annuelle avec les délégués syndicaux sera consacrée au bilan d’application de l’accord. A cette occasion, seront évoquées les difficultés d’application, et le cas échéant, l’opportunité d’une modification de l’accord.
Article 8 – Révision et dénonciation
Cet accord pourra être révisé ou dénoncé selon les conditions et modalités prévues par la loi.
Article 9 – Consultation et dépôt
L’accord a, préalablement à sa signature, donné lieu à consultation du Comité Social et Economique qui a émis un avis lors de la réunion du 30/04/2026 (à 11h30).
Les formalités de dépôt seront effectuées par le représentant légal de la SPL. Ce dernier déposera l’accord collectif sur la plateforme nationale "TéléAccords" à l’adresse suivante : www.teleaccords.travail-emploi.gouv.fr.
Le déposant adressera un exemplaire de l’accord au secrétariat greffe du conseil de prud'hommes de Cherbourg-en-Cotentin.
Les parties rappellent que, dans un acte distinct du présent accord, elles pourront convenir qu’une partie du présent accord ne fera pas l’objet de la publication prévue par le code du travail. En outre, l'employeur peut occulter les éléments portant atteinte aux intérêts stratégiques de la SPL.
A défaut, le présent accord sera publié dans une version intégrale.
Fait à Cherbourg-en-Cotentin, le 30/04/2026 à 13h00,