Accord d'entreprise BANQUE CHALUS

Accord d'entreprise relatif au droit à la déconnexion

Application de l'accord
Début : 01/01/2025
Fin : 31/12/2027

42 accords de la société BANQUE CHALUS

Le 21/11/2024









ACCORD D’ENTREPRISE RELATIF AU DROIT A LA DECONNEXION



Entre les soussignés :

  • La BANQUE CHALUS dont le siège social est à Clermont-Ferrand, 5 place de Jaude,

SIREN 855 201 018, RCS de Clermont-Ferrand

représentée par son Directeur,

d’une part,

et

  • LES ORGANISATIONS SYNDICALES :


La CONFEDERATION FRANCAISE DEMOCRATIQUE DU TRAVAIL (CFDT)
représentée par,

Le SYNDICAT NATIONAL DE LA BANQUE (SNB)
représenté par,


d’autre part,


il a été convenu de ce qui suit :













PREAMBULE

Le développement des outils numériques et leur accessibilité croissante, ainsi que les nouvelles organisations de travail (travail à distance via le télétravail), rendent plus floues les frontières entre la vie privée et la vie professionnelle. Ils sont devenus un enjeu d’efficacité et plus largement de commodité d’organisation tant individuelle que collective. Ils représentent un levier de performance pour les entreprises, leurs salariés et leurs clients.

Néanmoins, parce qu’ils permettent d’être relié en permanence avec les environnements personnels et professionnels, la maîtrise des outils numériques est nécessaire pour leur utilisation efficiente.
La Banque CHALUS agit pour une intégration croissante des outils numériques dans l’entreprise pour lui permettre, ainsi qu’à ses collaborateurs, de bénéficier du progrès apporté par le digital, tout en veillant à respecter leur vie privée et familiale.

Par ailleurs, le code du travail a fait du droit à la déconnexion un des thèmes de négociation relevant de la qualité de vie au travail, ce qui a donné lieu, en 2017, en 2020 et en 2023, à la conclusion d’un accord d’entreprise relatif au droit à la déconnexion applicable au sein de la Banque CHALUS, accord dont les dispositions viennent à échéance le 31 décembre 2024.

C’est dans ce cadre que les parties tiennent à réaffirmer leur attachement au plein exercice du droit à déconnexion et leur volonté de poursuivre la mise en œuvre effective des principes et orientations définis au sein de la Banque CHALUS.

Rappel des orientations du présent accord :

  • La transformation numérique et les nouvelles organisations du travail offrent de nombreuses possibilités de développement pour la Banque CHALUS et ses salariés, qu’il est indispensable de saisir dans un secteur exigeant et de plus en plus concurrentiel.
  • Cette transformation numérique qui fait évoluer les méthodes de travail ne doit en aucun cas remettre en cause la santé et la sécurité des salariés et le respect de leur vie privée et familiale.
  • L’acquisition de la compétence numérique et le développement de la culture digitale des femmes et des hommes de la Banque CHALUS est indispensable pour une utilisation efficiente des outils numériques par l’ensemble des salariés en évitant la sous-connexion et l’exclusion numérique de certains et l’hyper-connexion pour d’autres.
  • En matière d’utilisation des outils numériques et donc du « droit à la déconnexion », la responsabilité est partagée entre l’entreprise et le salarié, en particulier dans un contexte où les organisations du travail en distanciel se sont développées, et avec elles l’équipement en outils nomades et numériques.
  • L’exemplarité managériale est essentielle pour l’exercice effectif du « droit à la déconnexion ».
  • Au regard des métiers de la Banque CHALUS, l’approche du « droit à la déconnexion » doit prendre en compte le service aux clients et s’inscrire dans le triptyque salariés-entreprise-clients.
  • Le « droit à la déconnexion » concerne l’ensemble des outils numériques nomades (smartphones, tablettes, ordinateurs portables, …) et des canaux numériques (téléphone, audioconférence, visioconférence, messagerie instantanée, applications de communication type WhatsApp, …).
  • Plusieurs facteurs, tels que les usages générationnels, le métier exercé ou le positionnement hiérarchique du salarié, ainsi que les pratiques de la Banque CHALUS relative à la fourniture des outils nomades impactent l’exercice du « droit à la déconnexion ».
  • L’évolution très rapide du digital conduit à écarter également des solutions rigides, qui seraient dépassées très rapidement par les progrès techniques


ARTICLE 1 : AFFIRMATION DU DROIT A LA DECONNEXION EN DEHORS DES PERIODES HABITUELLES DE TRAVAIL

Par le présent accord, les signataires réaffirment l’importance du bon usage professionnel des outils numériques et de communication professionnels et de la nécessaire régulation de leur utilisation pour assurer le respect des temps de repos et de congés, ainsi que l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle des salariés.

Ils confirment que les modalités d’exercice du droit à la déconnexion s’appuieront sur les principes suivants relevant de la volonté commune de :

  • s’inscrire pleinement dans les orientations définies au niveau du groupe,
  • reconnaître ce droit à la déconnexion à tous les salariés, quelle que soit l’organisation du travail dans laquelle il exerce ses fonctions, y compris dans le cadre du travail à distance ou encore dans le cadre de la flexibilité horaire (plages fixes et plages de souplesse),
  • retenir que le droit à la déconnexion résulte d’un choix du salarié de se connecter ou non à un outil numérique professionnel en dehors des périodes habituelles de travail, hors situation d’urgence ou de gravité,
  • retenir qu’aucun salarié, ne pourra se voir reproché de ne pas répondre à une sollicitation pendant ses périodes de repos ou de suspension de son contrat de travail (congés payés et autre congés, arrêts maladie, …).

Ces principes s’appliquent de la même manière aux salariés bénéficiant d’une convention individuelle de forfait mais ils ne s’appliquent pas aux salariés lorsqu’ils assurent des astreintes.


ARTICLE 2 : MODALITES D’EXERCICE DU DROIT A LA DECONNEXION EN DEHORS DES PERIODES HABITUELLES DE TRAVAIL

2-1 Définition du droit à la déconnexion

Le droit à la déconnexion peut être défini comme le droit du salarié de ne pas être connecté aux outils numériques professionnels en dehors de ses périodes habituelles de travail.

2-2 Le respect du droit à la déconnexion


Le salarié est libre de décider de se connecter ou non, pourvu que cette faculté ne s’exerce pas dans la contrainte, en dehors des périodes habituelles de travail, le principe général du « droit à la déconnexion » se traduisant essentiellement par l’absence formelle d’obligation de se connecter en dehors des périodes habituelles de travail.

Par principe et au regard de son obligation de sécurité, la Banque CHALUS recommande fortement de ne pas se connecter durant ses temps de repos et de ne pas déroger aux dispositions légales et conventionnelles de temps de repos minimal et de travail maximal. En tout état de cause, le salarié doit veiller à respecter les périodes minimales de repos journalier (11 heures consécutives) et hebdomadaire (2 jours consécutifs dont le dimanche).

D’autre part, si l’exemplarité managériale est essentielle pour la pratique effective du droit à la déconnexion, chacun a le devoir de respecter le droit à la déconnexion de tous et de ne pas solliciter un collègue, un pair, un subordonné ou un supérieur hiérarchique en dehors de leurs périodes habituelles de travail.
Il appartient aux managers de tenir compte de l’impact de leurs sollicitations sur le « droit à la déconnexion » des salariés afin de ne pas les inciter à rester connectés / se connecter pendant leur temps de repos.

Enfin, et dans l’optique de renforcer l’exercice effectif du « droit à la déconnexion », la Banque CHALUS s’engage, dans la mesure et au regard des faisabilités techniques, à examiner la possibilité d’avoir recours à des dispositions d’alerte complémentaire du type « pop-up » et de détection automatisée des connexions excessives.

2-3 Le droit à la déconnexion vis-à-vis des clients 

Le droit à la déconnexion s’entend également vis-à-vis des clients de la Banque CHALUS et il ne peut être reproché à un salarié de ne pas avoir répondu aux sollicitations des clients en dehors des périodes habituelles de travail.
Il est néanmoins nécessaire que le droit à la déconnexion s’accompagne de mesures de précaution afin de garantir une continuité de la relation client. Ainsi, le salarié absent pour une durée supérieure à une journée ouvrée doit prévoir à l’attention des interlocuteurs internes et externes un message indiquant l’interlocuteur à joindre et ses coordonnées.

2-4 Les situations d’urgence 


Seule une situation d’urgence, telle que définie ci-après, peut permettre exceptionnellement à la Banque CHALUS de solliciter le salarié en dehors du temps de travail habituel.
Par situation d’urgence, il faut entendre tout évènement susceptible de porter gravement atteinte aux intérêts de la Banque CHALUS et/ou à la santé ou la sécurité des salariés et/ou clients, et notamment :

  • destruction des locaux ou risque imminent de destruction des locaux (incendie, inondation, effondrement, …),
  • braquage, attaque informatique, attaque chimique, …
  • péril grave pour la santé ou la sécurité des salariés et/ou clients.

2-5 Utilisation des fonctions spécifiques de la messagerie 

Les courriels doivent en priorité être envoyés pendant les heures habituelles de travail ou en envoi différé en dehors de ces horaires.

Pour les salariés qui décident de se connecter en dehors des heures habituelles de travail, il est fortement recommandé de recourir aux fonctions spécifiques des serveurs de messagerie qui permettent :
  • soit de rédiger les mails en mode brouillon et de les envoyer ultérieurement pendant les heures de travail,
  • soit d’utiliser la fonction d’envoi différé de mail,
  • soit de différer l’envoi du mail.

Si le salarié souhaite envoyer un message en dehors des heures habituelles de travail, il veillera à indiquer que ce message n’appelle pas de réponse immédiate.
ARTICLE 3 : AFFIRMATION DU DROIT DE SE DECONNECTER TEMPORAIREMENT DU TRAVAIL PENDANT LES PERIODES HABITUELLES DE TRAVAIL

Comme énoncé précédemment, le développement des outils numériques et leur accessibilité croissante rendent plus floues les frontières entre la vie privée et la vie professionnelle et il n’est plus à démontrer que le caractère nomade des outils numériques personnels fait entrer de fait une certaine part de la vie privée dans la sphère professionnelle.

En conséquence et soucieuse de s’adapter aux évolutions comportementales et sociétales que génère le développement des outils numériques, la Banque CHALUS donne à chacun de ses salariés le droit de se déconnecter temporairement du travail pour réaliser des actes relevant de sa vie privée avec ses outils personnels de communication à distance.

Il est toutefois entendu que ce droit à déconnexion pendant les périodes habituelles de travail ne peut être exercé que dans la mesure où :
  • il ne se fait pas au détriment du service client et ne met pas l’équipe en difficulté de fonctionnement,
  • son utilisation reste raisonnable, tant dans la fréquence que dans la durée,
  • il se fait sur le lieu de travail et à partir de ses outils de communications personnels.

Par ailleurs et par « actes relevant de la vie privée » il faut entendre les actes :
  • qui ne sont pas en lien avec la sphère professionnelle,
  • dont le traitement présente un caractère de nature urgente et nécessite une action rapide,
  • qui ne peuvent pas être réglés à un autre moment de la journée ou de la semaine en dehors des périodes habituelles de travail.

Il est précisé que l’exercice de ce droit qui relève de la seule initiative du salarié et ne requiert ni l’accord, ni l’information préalable du manager ne peut être utilisé pour gérer des activités personnelles en lien, par exemple, avec l’exercice d’une activité associative ou bénévole.

Le droit de se déconnecter du travail pendant les périodes habituelles de travail s’entend donc comme le droit de réaliser sur le lieu de travail des actes de la sphère purement privée avec des outils personnels de communication à distance (exemple : échange de mails, de SMS, appels téléphoniques, réservation en ligne, consultation d’une application, connexion à internet, …) et dans les conditions précisées ci-dessus.


ARTICLE 4 : REGLES DE REGULATION DU BON USAGE DES OUTILS NUMERIQUES
D’une manière générale et afin de contribuer à un usage efficient des outils numériques, et en lien avec les principes du « droit à la déconnexion », il est recommandé aux salariés de :

  • choisir le moyen de communication adapté au contexte et au respect des process en place,
  • ne pas utiliser la messagerie professionnelle à des fins extraprofessionnelles ou des motifs prohibés par la loi,
  • prendre le temps de réflexion pour rédiger un message et observer une rigueur dans sa rédaction : respecter les règles de politesse, définir un objet explicite du message et se mettre à la place de celui qui lira le message, pour s’assurer que le message est clair et complet,
  • ne pas abuser des pièces jointes et choisir des intitulés clairs des documents (nature du document, sujet, date),
  • identifier les destinataires du message (notamment veiller à l’utilisation adaptée des fonctionnalités « répondre à tous », « copie conforme » et « copie cachée »),
  • ne pas envoyer de message sous le coup de l’émotion et se relire avant l’envoi,
  • choisir le moment le plus opportun pour l’envoi d’un message : éviter d’envoyer des messages en dehors des heures habituelles de travail,
  • limiter le nombre d’interruptions journalières pour la gestion des messages : se réserver quelques plages horaires par jour pour le traitement des messages,
  • éviter de regarder et d’envoyer ses messages pendant les réunions,
  • en cas d’absence prolongée, prévoir une réponse automatique alertant de l’absence et indiquant l’interlocuteur à joindre.

Il est rappelé que chaque manager a le devoir d’alerter le service Développement des Ressources Humaines et Formation dans le cas où il constaterait des situations d’usage anormal des outils numériques par l’un de ses coéquipiers.

Chacune de ces situations fera l’objet d’une étude personnalisée et des mesures d’accompagnement pourront si nécessaire être recherchées et mises en œuvre.


ARTICLE 5 : DIFFUSION D’UN GUIDE DES BONNES PRATIQUES DU « DROIT A LA DECONNEXION »

Partant du principe que la diffusion de bonnes pratiques en matière de droit à la déconnexion est de nature à renforcer l’appropriation et l’exercice effectif du droit à la déconnexion par tous les acteurs, il est convenu d’élaborer un recueil des bonnes pratiques en matière de droit à la déconnexion.

Ce guide reprendra :
  • les orientations et les principes du droit à la déconnexion tels que définis dans le présent accord,
  • les règles d’usage des outils numériques,
  • les dispositions légales et conventionnelles relatives aux durées maximales de travail et aux repos journalier et hebdomadaire,
  • les garanties liées à l’exercice du droit à la déconnexion.

Il sera mis en ligne et accessible à tout moment dans l’espace RH de l’Intranet de la Banque CHALUS.


ARTICLE 6 : DUREE DE L’ACCORD ET REVISION

Le présent accord est conclu pour une durée de trois ans, jusqu’au 31/12/2027, date à laquelle il cessera de produire ses effets.
Il pourra être révisé dans les conditions prévues par les dispositions des articles L 2261-7 et L 2261-8 du code du travail.
Les parties pourront également s’entendre afin d’organiser, si elles l’estiment utile, un suivi de son application.
Dans le trimestre précédant l’expiration du présent accord, les parties conviennent de se rencontrer afin d’envisager une éventuelle reconduction de ses dispositions.



ARTICLE 7 : FORMALITES DE DEPOT
Un exemplaire signé du présent accord est remis à chacune des parties signataires.
Le présent accord sera déposé auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes (Direction Régionale de l'Economie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités). Ce dépôt est dématérialisé et s'effectue sur la plateforme www.teleaccord.travail-emploi.gouv.fr.
Par ailleurs, un exemplaire sera déposé au Greffe du Conseil des Prud'hommes de Clermont­ Ferrand.

En outre, l’accord sera publié dans l’espace RH de l’Intranet de la Banque CHALUS.


Fait à Clermont-Ferrand, le 21 novembre 2024



, Directeur,

Pour la C.F.D.T.

Pour le S.N.B.

Mise à jour : 2024-12-06

Source : DILA

DILA

https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/acco-accords-dentreprise/

Un accord temps de travail qui vous correspond
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Un accord temps de travail sur mesure

Un avocat vous accompagne

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Un avocat vous accompagne

Faites le premier pas