Accord d'entreprise ITON SEINE

ACCORD DU 24 juin 2025 PORTANT SUR LA MISE EN PLACE DE L’ACTIVITÉ PARTIELLE DE LONGUE DURÉE REBOND (APLDR)

Application de l'accord
Début : 01/07/2025
Fin : 01/01/2999

25 accords de la société ITON SEINE

Le 24/06/2025


ACCORD DU 24 juin 2025

PORTANT SUR LA MISE EN PLACE DE

L’ACTIVITÉ PARTIELLE DE LONGUE DURÉE REBOND (APLDR)


Entre :
  • L’entreprise Iton Seine, Quai de Seine à Bonnières Sur Seine, représentée par en qualité de Directeur Général, Alexandre Godard,d’une part

ET


  • le syndicat CFE-CGC, représentée par
  • le syndicat CGT, représentée par
  • le syndicat SAP, représentée pard’autre part


En application de l’article 193 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 et de son décret d’application n° 2025-338 du 14 avril 2025 relatif au dispositif d'activité partielle de longue durée rebond,


Il a été convenu ce qui suit :

Préambule

Le présent accord vise à encadrer le recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond (ci-après « APLDR ») au sein de l’entreprise.

Une baisse des carnets de commande dans l'industrie manufacturière depuis 2023 est enregistrée, ainsi qu'un recul de la production en 2024, variable selon les secteurs d'activité et évalué par la branche de la métallurgie à -1,9% en moyenne. La production dans la métallurgie est, à la fin de l'année 2024, inférieure d'environ 7% à son niveau de la fin de l'année 2019. Enfin les investissements des entreprises en biens d'équipement et en matériels de transport ont chuté de l'ordre de 11% entre l'été 2023 et le 4e trimestre 2024.

En matière d'emploi sur l'année 2024, près de 12.000 postes nets ont été supprimés dans la métallurgie (source INSEE-Dares). Entre le 4e trimestre 2019 et le 4e trimestre 2024 les effectifs ont chuté de 27.000 postes dans l'automobile de 18.000 dans les produits métalliques et de 1.200 dans la mécanique.

Des perspectives d'activité liées à l'arrivée de nouvelles commandes, en particulier dans l'industrie de la défense, devrait contribuer à l'amélioration de la situation économique dans la branche. Ces perspectives positives concernent également le secteur du nucléaire porté par le programme de relance et la construction de 6 nouveaux EPR.

Une étude menée en 2024 par le cabinet BDO confirme que les besoins annuels en recrutement dans la branche à l'horizon 2030-2035 devraient demeurer à un niveau élevé. Ils sont estimés, selon les différents scénarios macro-économiques, entre 170.000 et 236.000 chaque année, chiffres bien supérieurs aux 100.000 recrutements annuels évalués jusqu'à ce jour.

Face à ce double constat les partenaires sociaux de la branche ont décidé de mobiliser tous les outils et actions en vue de préserver l'emploi et de développer les compétences des salariés dans la branche de la métallurgie et conviennent de l'importance cruciale de continuer à former les salariés, notamment aux métiers en tension et aux métiers de demain, afin de sécuriser leur parcours professionnel, et ainsi permettre aux entreprises industrielles, de continuer à innover pour répondre, en particulier, aux défis technologiques et environnementaux, pour une industrie souveraine. Pour ce faire un accord relatif à l'activité partielle de longue durée rebond dans la métallurgie a été signé le 18 avril 2025.

Pour autant les partenaires sociaux souhaitent que les entreprises de la branche privilégient la mise en place du dispositif d’APLD-R par la voie de négociation interne.

C’est dans ce contexte que l’entreprise met en œuvre le présent accord lui permettant de recourir au dispositif APLD-R rendu nécessaire par sa situation économique actuelle, ainsi que par les perspectives d’activité élaborées à ce jour.

Diagnostic de la situation économique

L’entreprise constate une baisse de son volume d’activité en raison de la réduction du volume des matières premières entrantes :

Au cours des huit derniers mois, le marché de la ferraille en France a été marqué par une forte volatilité des prix. Cette baisse incite nos fournisseurs à constituer des stocks en attendant une remontée des cours, ce qui perturbe significativement notre approvisionnement en matière première.



Cette situation a un effet négatif sur les coûts de production du site du fait de la baisse importante de son niveau de production. On parle alors de déséconomie d’échelle.
Cette situation économique dégradée affecte directement la pérennité de notre site et impose d'adapter temporairement les conditions de travail afin de maintenir les compétences et des emplois indispensables à la reprise d’activité.
Malgré ce contexte difficile, la direction anticipe une reprise progressive de l’activité à horizon 2026, conditionnée à la stabilisation du marché et à l’efficacité des actions d’adaptation en cours.
Perspectives et actions engagées

Pour autant, nos expéditions sont en augmentation sur la même période que 2024 ce qui permet d’assurer et garantir la pérennité de notre activité pourvu que nous puissions mettre en œuvre les leviers financiers nécessaires à notre relance d’activité tels que l’APLD – R.


L’entreprise prévoit une reprise progressive de l’activité sur les 12 à 24 mois à venir, à condition de préserver ses capacités opérationnelles. À ce titre, le maintien des actions de formation et de nouvelles modalités d’organisation du travail sont en cours.
Le recours à l’activité partielle permettra à l’entreprise de réduire l’activité tout en garantissant le maintien des emplois voire l’augmentation de son effectif.


Article 1 – Champ d’application de l’accord


  • Champ d’application au sein de l’entreprise

Le présent accord collectif institue l’activité partielle de longue durée rebond au niveau de l’entreprise.

  • Activités et salariés concernés par le dispositif APLDR

1.2.1 - Activités de l’établissement concernées par l’activité partielle de longue durée rebond

Le présent accord collectif concerne l’ensemble des activités de l’entreprise.

1.2.2 - Salariés concernés par l’activité partielle de longue durée rebond

L’ensemble des salariés relevant des activités visées au précédent alinéa sont concernés par le dispositif d’activité partielle de longue durée rebond.

Article 2. – Réduction maximale de l’horaire de travail

Sur la durée totale d’application du dispositif mentionnée à l’article 9 du présent accord, la réduction de l’horaire de travail ne peut être supérieure, en moyenne,

à 40% de la durée légale du travail. La réduction s’apprécie salarié par salarié.

Il est précisé que lorsque la durée collective du travail, ou la durée stipulée au contrat est inférieure à la durée légale alors, la réduction maximale d’activité susmentionnée est appréciée sur la base de la durée collective du travail ou la durée du travail stipulée dans leur contrat de travail.
La réduction de l’horaire de travail au titre du placement des salariés en activité partielle de longue durée rebond peut conduire à la suspension totale de l’activité.

Article 3. – Modalités d’indemnisation des salariés en APLDR

L’ensemble des salariés placés en activité partielle de longue durée rebond, y compris les salariés en forfait jours, reçoivent une indemnité horaire versée par l’employeur, dans les conditions fixées par la loi et par le décret n° 2025-338 du 14 avril 2025 relatif au dispositif d'activité partielle de longue durée rebond. 

Les présentes stipulations prévalent, conformément à l’article L. 2253-3 du Code du travail, sur celles de l’alinéa 6 de l’article 103.5.1 de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022.

À titre informatif, et au jour de l’élaboration du présent accord, les salariés placés en activité partielle de longue durée rebond recevront une indemnité horaire versée par l’entreprise correspondant à 70 % de leur rémunération brute servant d’assiette au calcul de l’indemnité de congés payés telle que prévue au II de l’article L. 3141-24 du Code du travail ramenée à un montant horaire sur la base de la durée légale du travail applicable dans l’entreprise ou, lorsqu’elle est inférieure, la durée collective du travail ou la durée stipulée au contrat de travail.
Toutefois, pendant la réalisation des actions concourant au développement des compétences, mentionnées à l'article L. 5122-2 du Code du travail, mises en œuvre pendant les heures chômées, cette indemnité horaire est portée à 100 % de la rémunération nette antérieure du salarié.
Il est précisé qu’au jour de l’élaboration du présent accord, le taux horaire de l’indemnité ne peut pas être inférieur à 9,40€.
La rémunération maximale prise en compte pour le calcul de l’indemnité horaire est égale à 4,5 fois le taux horaire du salaire minimum interprofessionnel de croissance.
Dans le cas d’une évolution des dispositions légales et règlementaires relatives à l’indemnisation, ces nouvelles modalités d’indemnisation s’appliqueront de plein droit aux salariés placés en activité partielle de longue durée rebond.

Article 4 – Engagements en matière d’emploi

4.1 - Périmètre des engagements en matière d’emploi

Au regard du diagnostic figurant en préambule du présent accord, l’employeur s’engage vis-à-vis de l’administration à maintenir les emplois de l'intégralité des salariés de l’entreprise.

4.2 - Durée d’application de l'engagement en matière d’emploi

Cet engagement court à compter du début du recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond et s’applique, pour chaque salarié concerné, durant la durée d’application du dispositif telle que définie à l’article 9.
Le maintien de l’emploi s’entend comme l’engagement de l’employeur de ne pas procéder au licenciement pour l’un des motifs économiques visés à l’article L. 1233-3 du Code du travail.

4.3 - Autres engagements en matière d’emploi [Facultatif]

Par ailleurs, l’employeur s’engage à 
  • Poursuivre son engagement en recruter X alternants (Apprentis ou salariés en contrat de professionnalisation) à l’issue du recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond ;

  • Procéder au remplacement des salariés dont le contrat a été rompu indépendamment de tout motif économique, tel que visé à l’article L. 1233-3 du Code du travail.

Article 5 – Engagements en matière de formation professionnelle

5.1 - Actions proposées aux salariés

Dans la perspective de satisfaire les besoins en compétences évoqués dans le préambule du présent accord, l’employeur proposera aux salariés tous types d’actions concourant au développement des compétences visées à l’article L. 6313-1 du Code du travail, en particulier les actions de formation professionnelle, les actions de validation des acquis de l’expérience et les bilans de compétences.
Il est précisé que les actions susmentionnées peuvent notamment être mises en œuvre à l’initiative de l’employeur dans le cadre du plan de développement des compétences (PDC).
L’employeur examine la possibilité de mettre en place ces actions, chaque fois que cela est possible, pendant les périodes chômées, sous réserve de l’accord du salarié.

5.2 - Modalités de financement de actions

Les actions seront financées dans les conditions de droit commun selon les dispositifs mobilisés.

5.3 - Modalités d'information des salariés

La liste des actions proposées aux salariés et leurs modalités de financement sont portées à la connaissance des salariés par voie d’affichage sur le lieu de travail.

5.4 - Durée d’application de l'engagement

Cet engagement court à compter du début du recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond et s’applique, pour chaque salarié concerné, durant la durée d’application du dispositif telle que définie à l’article 9.

Article 6 – Modalités d’information des salariés et du CSE sur les engagements

6.1 - Information des salariés

Les engagements souscrits dans le présent l’accord en matière de maintien dans l'emploi et de formation professionnelle sont portés à la connaissance des salariés compris dans le périmètre d’application du dispositif mentionné à l’article 1.2 par voie d’affichage sur le lieu de travail. 

6.2 - Information du CSE

Le comité social et économique est informé des engagements souscrits dans le présent accord en matière de maintien dans l'emploi et de formation professionnelle.

Article 7 – Modalités d’information des organisations syndicales signataires et des institutions représentatives du personnel sur la mise en œuvre de l’activité partielle de longue durée rebond

Les organisations syndicales signataires et le comité social et économique sont informés au moins tous les trois mois de la mise en œuvre du dispositif d’activité partielle de longue durée rebond. Cette information est communiquée au cours d’une réunion ordinaire ou extraordinaire à l’issue de laquelle un procès-verbal est rédigé.

Article 8 – Date de début et durée d’application de l’activité partielle de longue durée rebond

8.1 - Date de début du recours au dispositif

Le recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond est sollicité à compter du 1er juillet 2025.
Pour le cas où la validation du présent accord serait accordée, de façon explicite ou implicite, l’entreprise sollicite l’arrêt du dispositif d’activité partielle de droit commun à compter de la date de début du recours au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond pour les salariés effectivement placés dans ce dispositif.

8.2 - Durée de recours au dispositif

L’entreprise souhaite recourir au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond durant une période de 18 mois consécutifs ou non, sur une période de référence de 24 mois

consécutifs.

Il a pour terme le 30 juin 2027.

Article 9 – Validation de l’accord collectif

Le présent accord fait l’objet d’une validation conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
En application de l’article 193 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, l’autorité administrative notifie la décision de validation dans un délai de 15 jours à compter de la réception du présent accord.
Il est précisé que le silence gardé par l’autorité administrative pendant le délai de 15 jours vaut décision de validation. Dans ce cas, l’entreprise transmettra une copie de la demande de validation, accompagnée de son accusé de réception par l’administration, au comité social et économique lorsqu’il existe et aux organisations syndicales signataires.
Conformément à la réglementation en vigueur, la décision de validation vaut autorisation d’activité partielle de longue durée rebond pour une durée de six mois. L’autorisation doit être renouvelée par période de six mois maximum.

Article 10 – Bilan du dispositif

10.1 - Bilan avant l’échéance de chaque période d’autorisation

Avant l’échéance de chaque période d’autorisation, l’employeur adressera à l’autorité administrative un bilan portant sur :
  • Le respect de la réduction maximale de l'horaire de travail mentionnée à l'article 2 du présent accord
  • Le respect des engagements mentionnés aux articles 4 et 5 du présent accord.

10.2 - Bilan lors d’une demande de nouvelle autorisation

Lorsque l'employeur demande une nouvelle autorisation de placement en activité partielle de longue durée rebond, il adresse à l'autorité administrative par voie dématérialisée :
  • Un bilan actualisé portant d’une part sur le respect de la réduction maximale de l'horaire de travail mentionnée à l’article 2 du présent accord et, d’autre part, sur le respect des engagements en matière d’emploi et de formation professionnelle mentionnés aux articles 4 et 5 du présent accord,
  • Une actualisation du diagnostic justifiant notamment la baisse durable d'activité et présentant les actions engagées afin de rétablir l'activité de l'entreprise,
  • Le procès-verbal de la dernière réunion au cours de laquelle le comité social et économique, lorsqu'il existe, a été informé de la mise en œuvre de l'activité partielle de longue durée rebond.

10.3 - Bilan final


Avant l’échéance de la durée d’application du dispositif mentionné à l’article 9, l’employeur adressera à l’autorité administrative :
  • Un bilan final portant d’une part sur le respect de la réduction maximale de l'horaire de travail mentionnée à l’article 2 du présent accord et, d’autre part, sur le respect des engagements en matière d’emploi et de formation professionnelle mentionnés aux articles 4 et 5 du présent accord ;
  • Une présentation des perspectives d'activité de l’entreprise à la sortie du dispositif ;
  • Le procès-verbal de la dernière réunion au cours de laquelle le comité social et économique, s'il existe, a été informé sur la mise en œuvre de l'activité partielle de longue durée rebond.

Article 11 – Informations des salariés

La décision de validation ainsi que les voies et délais de recours sont portés à la connaissance des salariés par voie d’affichage sur le lieu de travail.

Article 12 – Durée et entrée en vigueur de l’accord

Le présent accord est conclu pour une durée déterminée.
Sous réserve de sa validation par l’autorité administrative, il entre en vigueur à la date à partir de laquelle il est recouru au dispositif et cesse de produire ses effets au terme de la durée prévue à l’article 9 du présent accord.
En cas d'absence de renouvellement résultant d'un refus d'autorisation de l'autorité administrative, les parties signataires du présent accord conviennent de se réunir afin d'apprécier l'opportunité de mettre fin à l'accord collectif.

Article 13– Rendez-vous et suivi de l’application de l’accord

En vue d’assurer le suivi de l’application du présent accord, les parties conviennent d’assurer le suivi de l’accord dans le cadre des réunions définis à l’article 7.

Article 14 – Révision de l’accord

Le présent accord peut être révisé dans les conditions prévues par les textes légaux et réglementaires.
Si un avenant de révision est conclu, une nouvelle procédure de validation sera engagée, conformément à la législation en vigueur.

Article 15 – Formalités de publicité et de dépôt

Conformément à l’article L. 2231-5 du Code du travail, le présent accord est notifié à chacune des organisations représentatives.
Conformément aux articles D. 2231-2, D. 2231-4, L. 2231-5-1, L. 2231-6 du Code du travail, le présent accord est déposé sur la plateforme de téléprocédure du ministère du travail et auprès du greffe du Conseil de Prud’hommes de Mantes La Jolie.
Fait à Bonnières sur Seine, le 24 juin 2025,
Pour le Délégué Syndical CFE-CGC, Pour l’entreprise, représentée par




Pour le Délégué Syndical CGT,





Pour le Délégué Syndical SAP,

Mise à jour : 2025-07-24

Source : DILA

DILA

https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/acco-accords-dentreprise/

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