Accord d'entreprise CPAM DU HAUT RHIN

Protocole local d'accord relatif au droit à la déconnexion

Application de l'accord
Début : 11/03/2026
Fin : 11/03/2030

26 accords de la société CPAM DU HAUT RHIN

Le 12/01/2026





  • ACCORD LOCAL RELATIF AU DROIT A LA DECONNEXION




ENTRE


La C.P.A.M. du Haut Rhin représentée par son Directeur –,

D’UNE PART

ET



Les organisations syndicales :

C.F.E. – C.G.C. représentée par

C.F.D.T. représentée par
C.G.T. représentée par
CFTC représentée par
D’AUTRE PART


Il a été convenu ce qui suit :

Préambule :

Le présent accord s’inscrit dans le cadre de la loi travail du 8 août 2016 qui a introduit un droit à la déconnexion pour l’ensemble des salariés. L’article L.2241-1 et suivants du code du travail oblige l’employeur à négocier sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail. L’article L.2242- 17 du code du travail prévoit qu’une partie de cette négociation intègre le droit à la déconnexion.

Le protocole d’accord national relatif à la promotion de la diversité et de l’égalité des chances du 22 février 2022 prévoit dans son article 12.3 que « l’employeur met en œuvre un droit à la déconnexion du salarié en dehors des horaires habituels de travail.

L’usage de la messagerie professionnelle ou du téléphone en dehors des horaires de travail doit conserver un caractère exceptionnel (…), le salarié n’est pas tenu de répondre à ces sollicitations en dehors de ses jours et horaires habituels de travail (…) dans le respect de ces principes, l’organisme définit les règles de bonne pratique qui doivent être mises en œuvre (…). »

La transition numérique à laquelle nous assistons impacte directement les éléments constitutifs du contrat de travail que sont le lieu et le temps de travail.

Les outils numériques améliorent la performance et la productivité, facilitent le partage d’informations mais ne doivent pas conduire à confondre le temps de travail et le temps de repos. Le salarié ne devant travailler que sur son lieu de travail et dans la limite de ce qui est prévu par le règlement d’horaire variable.

Les salariés de la CPAM du Haut-Rhin ont la possibilité de travailler sur site ou à distance avec un certain nombre d’outils (ordinateurs portables, téléphones…).

Le présent texte a pour objet de permettre au salarié que sa vie professionnelle n’empiète pas sur sa vie privée et familiale, en respectant notamment les dispositions légales sur la durée du travail, des temps de repos et de congés.
A cet effet, l’employeur met en œuvre un droit à la déconnexion du salarié en dehors des horaires habituels de travail. Ce droit s’inscrit également dans un objectif général de protection de la santé des salariés.
Les présentes dispositions s’appliquent à l’ensemble du personnel de la CPAM du Haut-Rhin.
Elles concernent tous les salariés, qu’ils soient sous contrat à durée déterminée ou indéterminée, à temps plein ou à temps partiel, cadre ou non cadre (y compris les agents de direction), quelles que soient les modalités d’exercice de leurs fonctions.
Il est rappelé que chacun doit être acteur de son propre droit à la déconnexion et les signataires reconnaissent en effet que l’organisation du droit à la déconnexion nécessite une prise de conscience de chacun sur sa propre utilisation des outils numériques à usage professionnel.
A ce titre, il est également rappelé que l’usage du courriel est un mode de communication parmi d’autres notamment plus direct, qu’il n’est donc pas le seul.

Article 1 – Définition du droit à la déconnexion

Le droit à la déconnexion peut être défini comme le droit pour le salarié de ne pas répondre aux sollicitations éventuelles, que ce soit par courriels ou appels téléphoniques, ou SMS à caractère professionnel en dehors des heures habituelles de travail, et de ne pas être connecté à ses outils numériques professionnels ni à ses outils de communication personnels (mails et téléphones privés), pour un motif professionnel, en dehors de son temps de travail.
Il y a lieu d’entendre par outils numériques professionnels, les outils numériques physiques (ordinateurs, tablettes, smartphones, réseaux filaires, etc.) et dématérialisés (logiciels, connexions sans fil, messagerie électronique, internet/extranet etc.) qui permettent d’être joignable à distance.
L’organisme a fait le choix d’équiper un maximum d’agents d’un soft phone ce qui favorise la déconnexion aux outils de travail.
Le temps de travail peut être défini comme les horaires badgés durant lesquels le salarié est à la disposition de son employeur, ce qui comprend les heures normales de travail du salarié telles que le prévoit le RIHV, et éventuellement les samedis lors de l’exécution d’heures supplémentaires.
Il est également rappelé que chaque salarié doit veiller à sa sécurité et sa santé en respectant :
• Un temps de repos quotidien de 11 heures,
• Un temps de repos hebdomadaire de deux journées consécutives comprenant le dimanche (sauf cas exceptionnel de présence sur un salon, un évènement partenaire, associatif. )
Ce droit a pour objectif d’assurer le respect de la vie familiale et privée de tout le personnel de la CPAM du Haut-Rhin, ainsi que d’imposer le respect du repos tel que prévu par le droit du travail et le règlement intérieur de l’horaire variable (RIHV).
A cet effet, l’organisme a mis en place un contrôle a posteriori des badgeages des agents en dehors des horaires de travail (pause méridienne inférieure à 35 minutes, badgeage avant 7h ou après 19h).

Article 2 – Modalités d’exercice du droit à la déconnexion

Aucun salarié de l’organisme n’est tenu de répondre aux courriels et appels téléphoniques à caractère professionnel en dehors de ses horaires de travail, à moins qu’une urgence particulière ne le justifie.
Ainsi, certaines situations d’urgence, de gravité particulière avérée ou d’importance exceptionnelle démontrée, et notamment en cas de déclenchement d’un Plan de Continuité d’Activités (PCA), peuvent conduire à une sollicitation des salariés en dehors des horaires de travail et particulièrement les acteurs du Plan de Continuité d’Activités.
Aucun salarié ne peut être licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, notamment en termes de déroulement de carrière, pour ne pas avoir répondu aux courriels ou appels téléphoniques professionnels en dehors de sa période de badgeage, ou en dehors de son temps de travail pour les cadres au forfait.

Article 3 – Droit à la déconnexion en période d’absence

Le droit à la déconnexion s’applique également durant les périodes où les salariés sont en absence maladie, congé, RTT ou autres absences prévues par le code du travail, la convention collective, ou le règlement intérieur de l’horaire variable (RIHV).
Ainsi, aucun salarié n’est tenu de répondre aux courriels, appels téléphoniques et outils numériques à caractère professionnel durant toute la période de l’absence.
En cas d’absence programmée, le salarié active une fonction permettant la notification automatique à ses correspondants de son absence. Celle-ci comporte la date de retour du salarié ainsi que les modalités de contact en cas d’urgence. Si un mail est envoyé pendant les périodes d’absence, il n’est pas tenu d’y répondre.

Article 4 – Eviter l’envoi de courriels ou de contact par téléphone en dehors des heures de travail

Afin d’assurer le droit à la déconnexion, les salariés ne doivent pas envoyer de courriels que ce soit de leur messagerie professionnelle ou personnelle, ou passer des appels téléphoniques (ou sms) pour un motif professionnel aux moments suivants :
  • De 19h à 7h,
  • Pendant leurs absences, quelle qu’en soit la nature.
Seuls peuvent justifier une dérogation les échanges relatifs à la gestion du contrat de travail (arrêt ou reprise du travail, …).


Article 5 – Actions menées afin d’assurer le respect du droit à la déconnexion

Afin de s’assurer du respect du droit à la déconnexion de chacun des salariés, des actions de sensibilisation sont menées par l’employeur, afin d’informer sur les risques, les enjeux et les bonnes pratiques liées à l’utilisation des outils numériques :
  • Communication sur les réseaux d’entreprise,
  • Communication orale à l’occasion d’une réunion du comité social et économique (CSE) et des réunions de service,
  • Sensibilisation des cadres managers.
  • Sensibilisation à la rédaction d’un mail
  • Insertion d’une clause dans le contrat des salariés télétravailleurs
  • Insertion d’une clause dans la charte du bien vivre ensemble avec un rappel des bonnes pratiques (privilégier les échanges directs, limiter le nombre d’interlocuteurs en copie des mails, vérifier la présence des agents avant contact et donner un délai de réponse raisonnable).

Article 6 – Conditions de validité de l’accord

Le présent accord est valable après avoir été signé par une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives ayant recueilli plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur d'organisations représentatives au premier tour des élections de titulaires au CSE, quel que soit le nombre de votants.

Article 7 –Durée

Le présent accord est conclu pour une durée déterminée de 4 ans.

Article 8  – Procédure d’agrément de l’accord et entrée en vigueur de l’accord

Le présent accord entrera en vigueur le jour suivant l’obtention de l’agrément par l’autorité compétente de l’Etat.
L’accord collectif sera transmis à la Direction de la sécurité sociale, laquelle le transmettra à l’UCANSS pour avis du Comex conformément à l’article D. 224-7-3° du Code de la Sécurité sociale.
L’agrément sera réputé accordé, sauf en cas de prorogation explicite du délai d’examen de la Direction de la Sécurité Sociale, et en l’absence de retour, à l’issue d’un mois après avis du Comex.

Article 9 – Publicité et dépôt de l’accord

Le présent accord est établi en autant d’exemplaires qu’il y a de signataires et un exemplaire signé sera remis à chaque signataire.
Il fera l’objet des formalités de dépôt et de publicité prévues par les dispositions légales auprès de la DREETS via la plateforme de télé-procédure du ministère du travail et du greffe du Conseil des Prud’hommes.


Article 10 – Suivi de l’accord et clause de rendez-vous

Au terme de la première année de mise en œuvre du présent accord, une rencontre sera organisée avec les organisations syndicales.
Un bilan de l’application des dispositions du protocole d’accord sera présenté une fois par an aux délégués syndicaux.
Le bilan portera sur les actions menées afin d’assurer le droit à la déconnexion au cours sur l’année ainsi que le nombre de salariés sensibilisés sur le droit à la déconnexion en raison de badgeage en dehors des horaires prévus dans le RIHV.

Article 11 – Révision de l’accord

Les parties conviennent que le présent accord pourra être révisé, à tout moment au cours de son application, par avenant, en cas d’évolution des dispositions conventionnelles ou légales.
La procédure de révision peut être déclenchée par une ou plusieurs organisations signataires de l’accord initial ou par toute organisation non présente dans la structure au moment de l’accord mais devenue représentative lors d’un nouveau cycle électoral ou par l’employeur sous respect d’un préavis de 3 mois.
Lors de la demande de révision, le ou les demandeurs devront adjoindre une note explicative portant sur les clauses nécessitant une révision aux autres parties signataires de l’accord initial et à toutes organisations syndicales devenues représentatives lors de nouvelles élections.
L’employeur sous un mois organise une première réunion de négociation collective pour examiner la révision.
Pour que les nouvelles clauses puissent être valides, il sera nécessaire de respecter les règles de validité des accords collectifs. 
A défaut, le texte ne sera pas modifié.

Article 12 - Information du personnel

Une information complète sera assurée par la direction de l’organisme au travers des publications internes sur les réseaux d’entreprise de la CPAM du Haut-Rhin.

Fait à Colmar, le 12/01/2026

Le Directeur,
CFE-CGC représentée par
CFDT représentée par
CGT représentée par
CFTC représentée par

Mise à jour : 2026-07-10

Source : DILA

DILA

https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/acco-accords-dentreprise/

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