Transfert d’entreprise et paie : les choses à connaître

Lorsque les conditions du transfert sont remplies, le personnel d’une structure change d’employeur.  Si l’ensemble des salariés sont concernés, les modalités pratiques au niveau de la paie sont relativement contenues.

Dans ce cas, en pratique, c’est essentiellement l’identité de l’employeur qui se verra modifier sur le bulletin dans un premier temps.

A noter,  qu’en cas de transfert de l’intégralité du personnel – (cession, fusion, vente), outre, la présentation du bulletin, l’identité de l’employeur et passé le délai de prévenance, le changement de convention collective, il n’existe pas d’opération juridique spécifique venant impacter les opérations paie de manière immédiate vis-à-vis des salariés.

Le situation est différente lorsqu’il s’agit d’une partie seulement des salariés voire un seul collaborateurs qui change de société au sein d’un groupe par exemple.

C’est notamment le cas lorsque dans un groupe un ou plusieurs salariés décident de changer de filiales.

 

Le changement de filiales au  sein d’un groupe

Considérant qu’il n’est pas possible de « faire masse » du personnel, il sera en effet plus difficile de s’abstenir d’acter le changement de situation vise à vis d’un salarié seulement ou de peu d’entre eux sans passer via un nouveau contrat de travail expliquant le contexte du transfert d’une filiale à une autre au sein du groupe. Un simple de changement de l’identité de l’employeur sur le bulletin de paie ne suffit pas pour acter le changement de situation.

Par ailleurs, l’une raison juridique justifiant de la nécessité d’acter ce transfert via un acte juridique avec le salarié repose notamment sur son acceptation. Le transfert opérant changement d’employeur même au sein du groupe, il s’agit d’une modification du contrat supposant l’accord écrit exprès du salarié.

De plus, le nouvel employeur est tenu, vis-à-vis des salariés dont le contrat de travail subsiste, de toutes les obligations qui incombaient à l’ancien employeur à la date de la modification. Il peut néanmoins se faire rembourser par le cédant des sommes acquittées pour son compte, à moins que la convention intervenue entre eux ait déjà pris en compte ces sommes – (L.1224-2 du Code du travail).

Ainsi :

  • le nouvel employeur doit verser les salaires impayés antérieurs au transfert ;
  • le nouvel employeur doit verser au salarié la créance de dommages et intérêts résultant de la privation des congés payés par l’ancien employeur – (  Cass. soc., 19 mai 2016, nº 15-20.091) ;
  • les sommes dues après le transfert sont à la charge du nouvel employeur même si elles correspondent en partie à un travail accompli avant ce transfert. Tel est le cas du treizième mois ou des congés payés. Le repreneur peut toutefois demander à l’ancien employeur un remboursement au prorata du temps accompli par le salarié sous chaque direction – (  Cass. soc., 28 mars 1989, nº 86-42.046).

Dans le cadre d’un transfert de personnel d’une filiale d’un groupe à une autre filiale appartenant à ce même groupe, les deux filiales ayant des personnalités juridiques distincts, il convient donc d’effectuer une déclaration préalable à l’embauche du côté du nouvel employeur.

Cependant, même si l’ancien employeur est censé délivrer un solde de tout compte au salarié transféré, les sommes restant dues sont à la charge du nouvel employeur qui pourra se voir rembourser ultérieurement par l’ancien employeur le cas échéant.

 

 

Fascicule mis à jour le 13 décembre 2021.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel03 août 2026

    11 Décret n° 2026-713 du 31 juillet 2026 relatif à la convergence de la prime d'activité à Mayotte

  • Journal Officiel27 juillet 2026

    20 Arrêté du 10 juillet 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale ou régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des entreprises et des exploitations agricoles)

  • Mise à jour de la rubrique Réduction générale dégressive unique

    BOSS27 juillet 2026

    A la suite de la publication du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 , la rubrique Réduction générale dégressive unique a été mise à jour.

  • Publication de l'assiette minimale des cotisations sociales

    BOSS24 juillet 2026

    La rubrique Assiette générale (chapitre 3, section 2) a été complétée d'une nouvelle partie détaillant les modalités de calcul de l'assiette minimale des cotisations sociales.

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité