Licenciement femme enceinte: les règles

Un employeur ne peut licencier une femme au motif qu’elle est enceinte ou en congé maternité. Le régime de protection dépend du moment où le licenciement est prononcé. Le licenciement peut avoir lieu avant le congé de maternité, pendant ou encore après  ce dernier.

Avant le congé maternité :

Dès l’entretien d’embauche, le futur employeur ne peut poser aucune question concernant une supposée grossesse. Ainsi, un refus d’embauche ou une rupture de période d’essai motivée par un état de grossesse est passible de sanctions pénales.

Au-delà du délit pénal, la salariée victime peut demander des dommages et intérêts au Conseil des Prud’hommes.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’est pas possible de licencier une femme enceinte mais il faudra alors être en mesure de démontrer que le licenciement soit justifié :

  • par une faute grave de l’intéressé non liée à l’état de grossesse,
  • par l’impossibilité  de maintenir le contrat de travail pour une raison indépendante de la grossesse ou de l’accouchement – ex : licenciement économique…

Ainsi, un employeur peut mettre fin à une période d’essai d’une salarié en état de grossesse si la prise de décision n’a rien à voir avec son état.

A  noter qu’il est particulièrement important pour l’employeur de justifier les raisons du licenciement dans la lettre de licenciement. (  Cour de cassation, chambre sociale, 10 mai 2012, n° 10-28510)

In fine, il ne s’agit que d’une protection relative.

Annulation

L’employeur peut annuler la mesure de licenciement si la salariée lui envoie un certificat médical de grossesse dans les 15 jours qui suivent la notification du licenciement par le biais de LRAR (afin de conserver une preuve de la date). Ce n’est que si l’employeur refuse que la salarié peut saisir le conseil des Prud’hommes.

S’agissant du certificat médical de grossesse, la Cour de cassation n’est pas stricte sur ce point particulier : en effet, la Cour admet que la preuve de la grossesse puisse être donnée par tout moyen.

Pendant le congé maternité

Un employeur ne peut licencier une salariée durant le congé de maternité (6 semaines avant la naissance présumée puis 10 semaines ensuite pour le premier enfant) ni même effectuer tout acte lié à la procédure de licenciement.

Il s’agit d’une protection absolue.

L’interdiction de notifier un licenciement à une salarié en congé maternité s’étend également aux actes préparatoires de ce licenciement. Le fait d’informer la salarié qu’elle fait partie d’un projet de licenciement collectif pendant son congé maternité rend ainsi nulle la rupture du contrat de travail notifiée à la salarié à l’issue de son congé (  arrêt n°15-26250 rendu par la chambre sociale de la Cour de Cassation le 1er février 2017)

Ainsi, il est impossible de licencier ou notifier un licenciement à une femme enceinte pendant son congé maternité. Ex : un employeur ne peut convoquer une salarié en congé maternité à un entretien préalable.

Cela est valable même si la salarié n’utilise pas pleinement ses droits à congé.

Après le congé maternité

Il convient de relever que même à son retour dans l’entreprise la salariée bénéficie d’une protection contre le licenciement. Ainsi, l’employeur ne peut licencier la salariée pendant une période de 10 semaines conformément à l’article L.1225-4 du Code du travail.

Toutefois, il s’agit là encore d’une protection relative. L’employeur pourra ainsi démontrer que le licenciement est étranger à la nouvelle condition de la salarié.

Déclaration de grossesse

La salariée informe son employeur en lui adressant une déclaration de grossesse. La réception de cette lettre sera le point de départ pour son congé maternité. A noter qu’en cas de contentieux, la preuve pourra être rapportée par tout moyen.

Rémunération

Durant le congé maternité, la salariée perçoit des indemnités journalières versées par l’assurance maladie.

Fondements

Article L.1225-4 du Code du travail :

Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée lorsqu’elle est en état de grossesse médicalement constaté, pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu’elle use ou non de ce droit, et au titre des congés payés pris immédiatement après le congé de maternité ainsi que pendant les dix semaines suivant l’expiration de ces périodes.

Toutefois, l’employeur peut rompre le contrat s’il justifie d’une faute grave de l’intéressée, non liée à l’état de grossesse, ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à l’accouchement. Dans ce cas, la rupture du contrat de travail ne peut prendre effet ou être notifiée pendant les périodes de suspension du contrat de travail mentionnées au premier alinéa.

 

Fascicule mis à jour le 13 septembre 2018.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel03 août 2026

    11 Décret n° 2026-713 du 31 juillet 2026 relatif à la convergence de la prime d'activité à Mayotte

  • Journal Officiel27 juillet 2026

    20 Arrêté du 10 juillet 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale ou régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des entreprises et des exploitations agricoles)

  • Mise à jour de la rubrique Réduction générale dégressive unique

    BOSS27 juillet 2026

    A la suite de la publication du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 , la rubrique Réduction générale dégressive unique a été mise à jour.

  • Publication de l'assiette minimale des cotisations sociales

    BOSS24 juillet 2026

    La rubrique Assiette générale (chapitre 3, section 2) a été complétée d'une nouvelle partie détaillant les modalités de calcul de l'assiette minimale des cotisations sociales.

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité