CNIL et élections professionnelles : les nouveaux apports de la CNIL

Dans le cadre des élections professionnelles, l’employeur est amené à collecter et utiliser un certain nombre de données personnelles s’agissant des électeurs. Un certain nombre de règles et de principes doivent être respectés, à savoir notamment :

Concernant la liste électorale

En raison du principe de minimisation des données, et la réglementation ne prévoyant pas les mentions devant figurer sur la liste électorale, la CNIL estime que la liste électorale ne devrait pas indiquer d’autres informations que celles permettant de vérifier que le salarié répond bien aux critères pour avoir la qualité d’électeur – (L.2314-18 du Code du travail).

La Cour de cassation vient d’ailleurs préciser que doivent figurer sur ladite liste les nom et prénom, l’âge, l’appartenance à l’entreprise, et l’ancienneté.

Concernant la qualification des acteurs de l’élection

Le prestataire de solution de vote par correspondance électronique mettant en œuvre les élections professionnelles pour le compte de l’organisateur est en principe considéré comme son sous-traitant.

Pour ce qui est de l’expert indépendant qui atteste de la sécurité de la solution de vote électronique et du bon déroulement du processus électoral, son cadre d’intervention va être variable, de sorte que sa qualification sera analysée au cas par cas.

 

Concernant la gestion de la conformité et la protection des droits des personnes concernées

Dans le cas d’élection dont le vote est organisé par correspondance électronique, il n’est nullement nécessaire de procéder à une formalité particulière, en amont, auprès de la CNIL.

Le responsable de l’élection doit informer les électeurs de l’utilisation de leurs données. Il devra délivrer une information complète, aisément accessible et de nature à faciliter l’exercice des droits des électeurs dont les données sont collectées.

En matière de vote électronique, la CNIL est venue compléter ses recommandations en fournissant une fiche pratique de nature à présenter les objectifs de sécurité à atteindre en fonction du niveau de risque. Pour ce faire, la méthodologie proposée s’organise en deux temps :

  • Une grille d’analyse qui permet de déterminer le niveau de sécurité que le système de vote doit respecter. Les questions à ce sujet porteront notamment sur le nombre d’électeurs concernés, l’utilisation d’autres modalités de vote, et le pouvoir décisionnel des personnes élues.
  • Des objectifs de sécurité comprenant des exemples de moyens minimaux à mettre en œuvre de manière à atteindre l’objectif.

Concernant le vote par correspondance électronique et mesures de sécurité

La CNIL recommande que l’identifiant et le mot de passe de l’électeur lui soient communiqués via deux canaux de communication distincts de manière à réduire tout risque d’interception par un tiers. Elle recommande ainsi d’utiliser des canaux parmi les suivants : une remise en mains propres sur le lieu de travail, un envoi sur une adresse mail professionnelle, ou un téléphone professionnel, un envoi postal au domicile, ou un dépôt sur l’intranet professionnel ou un coffre-fort numérique.

L’adresse mail personnelle ou le téléphone personnel peuvent être utilisés comme un moyen de transmission des éléments d’authentification, mais uniquement en cas de demande expresse du salarié en ce sens, et dont l’employeur devra rapporter la preuve.

La signature d’une décharge de responsabilité est sans effet si l’identifiant et le mot de passe n’étaient pas communiqués par deux canaux distincts.

La CNIL préconise également de demander à l’électeur de répondre à une question secrète.

S’agissant du mot de passe, celui-ci ne doit en principe pas être communiqué en clair, à l’exception des envois par voie postale.

Lorsque l’élection s’organise en deux tours, les mêmes identifiants peuvent être utilisés.

 

 

Me Mélanie Le Corre

par
Avocat au Barreau de Paris
Expert en droit du travail
MLC Avocat

Fascicule mis à jour le 18 novembre 2022.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel03 août 2026

    11 Décret n° 2026-713 du 31 juillet 2026 relatif à la convergence de la prime d'activité à Mayotte

  • Journal Officiel27 juillet 2026

    20 Arrêté du 10 juillet 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale ou régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des entreprises et des exploitations agricoles)

  • Mise à jour de la rubrique Réduction générale dégressive unique

    BOSS27 juillet 2026

    A la suite de la publication du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 , la rubrique Réduction générale dégressive unique a été mise à jour.

  • Publication de l'assiette minimale des cotisations sociales

    BOSS24 juillet 2026

    La rubrique Assiette générale (chapitre 3, section 2) a été complétée d'une nouvelle partie détaillant les modalités de calcul de l'assiette minimale des cotisations sociales.

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité