CSE entreprises de moins de 50 salariés : contentieux sur la communication des pièces

Les modalités de communication

L’article L 2315-22 du Code du travail prévoit que sauf circonstances exceptionnelles, les membres de la délégation du CSE remettent à l’employeur une note écrite qui précise l’objet des demandes présentées, et ce 2 jours avant la date de la réunion. Il s’agit d’un délai d’ordre public. L’employeur ne peut donc imposer un délai supérieur. A défaut, il commettrait un délit d’entrave – (  Cass. Crim., 9 avril 1975, n°74-91.981).

De son côté, l’employeur doit répondre aux demandes précitées au plus tard dans les 6 jours ouvrables suivant la réunion.

Ces réponses sont écrites et motivées. Elles doivent en outre être transcrites sur un registre spécial, ou annexées à celui-ci.

Ce registre spécial et ses éventuelles annexes sont tenus à la disposition des salariés qui souhaitent en prendre connaissance, et ce un jour ouvrable par quinzaine et en dehors du temps de travail.

Cette consultation est également possible pour l’agent de contrôle de l’inspection du travail, et les membres de la délégation du personnel.

Ainsi, la rédaction d’un procès-verbal n’est à proprement parlé pas obligatoire dans les entreprises qui comptent moins de 50 salariés, mais les dispositions de l’article L.2315-22 du Code du travail doivent s’appliquer. Il en est de même de l’ordre du jour qui n’est pas obligatoire, même si cela facilite l’ensemble des discussions et assure une préparation plus sereine de la réunion.

 

Les modalités d’affichage et de tracts

Le CSE dispose d’un droit de communication au sein de l’entreprise.

L’article L.2315-15 du Code du travail dispose que les membres du CSE peuvent afficher les informations qu’ils ont pour rôle de porter à la connaissance du personnel sur des emplacements qui sont obligatoirement prévus et destinés aux communications syndicales, ainsi qu’aux portes d’entrée des lieux de travail.

Si l’employeur refuse tout affichage, alors il se rend coupable d’un délit d’entrave.

S’il entend contester un affichage, il doit saisir le Tribunal. Il ne dispose d’aucun pouvoir de censure -(  Cass. Crim., 8 mai 1968,n°67-92.659).

Quant à la diffusion de tracts, celle-ci semble également possible, même si elle n’est pas prévue par les dispositions du Code du travail. En tous les cas, cette diffusion ne doit causer aucun trouble au sein de l’entreprise, ne doit pas perturber le travail et son contenu ne doit pas excéder le cadre de leurs fonctions.

 

Les moyens mis à la disposition du CSE pour communiquer

L’article L.2315-20 du Code du travail prévoit que l’employeur doit mettre à la disposition du CSE le local nécessaire pour qu’il puisse accomplir ses missions.

Également, dans la mesure où le CSE au sein d’une entreprise de moins de 50 salariés ne dispose pas de budget de fonctionnement, l’employeur doit mettre à sa disposition le matériel nécessaire à l’exercice de ses missions (téléphone, ordinateur, internet), afin notamment de lui permettre de communiquer et de recevoir dans le local prévu à cet effet.

 

 

Me Mélanie Le Corre

par
Avocat au Barreau de Paris
Expert en droit du travail
MLC Avocat

Fascicule mis à jour le 18 août 2023.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    13 Ordonnance n° 2026-648 du 22 juillet 2026 relative à la sécurité sociale à Saint-Pierre-et-Miquelon

  • Journal Officiel03 juillet 2026

    66 Décision n° 2026-325 L du 2 juillet 2026

  • Mise à jour Contributions à la formation professionnelle et à l'apprentissage

    BOSS03 juillet 2026

    La loi de finances (LF) pour 2026 a mis fin au régime d'exonération de la taxe d'apprentissage dont bénéficiaient les associations, organismes, fondations, fonds de dotation, congrégations et syndicats à activités non lucratives.

  • Journal Officiel29 juin 2026

    7 Décret n° 2026-544 du 25 juin 2026 relatif au droit aux prestations sociales et avantages sociaux des salariés titulaires de mandats municipaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité