Jurisprudence à la loupe
Cass.soc., 23 juin 2021, n°19-13.856
Hygiène et sécurité / Preuve / Vidéo / Vie privée
Un salarié est licencié pour faute grave. L'employeur utilise les images de vidéo surveillance pour prouver les faits, la vidéo filmant le salarié seul en cuisine constamment pour contrôler les manquements aux règles d'hygiène et de sécurité.
La Cour de cassation juge l'usage de la vidéo disproportionné par rapport au but recherché et attentatoire à la vie personnelle du salarié. Elle ne retient pas les images comme preuve et retient un licenciement abusif.
Cass.soc., 28 février 2024, n°22-15.624
Accident du travail / Preuve / Prévention
Lorsque le salarié invoque un manquement de l'employeur aux règles de prévention et de sécurité à l'origine de l'accident du travail dont il a été victime, il appartient à l'employeur de justifier avoir pris toutes les mesures prévues par les articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail.Cass.soc., 14 février 2024, n°22-22.440
Licenciement / Mise à pied disciplinaire / Prescription
La notification de licenciement remise à un salarié retient une mise à pied disciplinaire vieille de plus de 3 ans.
Une sanction antérieure de plus de trois ans à l'engagement des poursuites disciplinaires ne peut justifier le licenciement.
Cass.soc., 14 février 2024, n°22-18.014
Droit à l'image / Preuve
Un salarié reproche à son employeur l'utilisation de son image lors de campagnes publicitaires auprès de clients, sans toutefois fournir d'élément de preuve de l'existence de cette utilisation.
La Cour de cassation juge que le fait que l'employeur ne conteste pas l'utilisation de l'image du salarié, alors même que celui-ci n'avait pas donné son accord est suffisant.
La seule constatation de l'atteinte au droit à l'image ouvre droit à réparation.
Cass.soc., 14 février 2024, n°22-21.464
Harcèlement / Licenciement nul / Obligation de sécurité / L.1152-4
Un salarié, licencié, reproche à son employeur des faits de harcèlements. La Cour d'appel déclare le licenciement nul en raison des manquements de l'employeur pour prévenir le harcèlement.
La Cour de cassation juge que les manquements aux obligations de sécurité de l'employeur ne rendent pas le licenciement nul. Elle ne remet pas en cause l'indemnisation du salarié concernant le harcèlement moral.
La nullité du licenciement qui découle de faits de harcèlement institué à l’article L.1152-4 du Code du travail, diffère de la prévention aux obligations de sécurité de l’employeur.
Cass.soc., 14 février 2024, n°21-24.135
ATMP / Licenciement économique / Inaptitude / L.1226-10
A l’occasion de l'arrêt d'un salarié faisant suite à un accident du travail, la société fait l'objet d'une liquidation.
Le salarié est licencié pour raison économique et non selon les dispositions relatives à son accident.
La Haute juridiction donne raison au liquidateur, au motif que l'entreprise ne faisant pas partie d'un groupe et cessait son activité, le reclassement était impossible.
Cass.soc., 7 février 2024, n°22-22.308
Pause / Temps de travail / Heures supplémentaires / Déjeuner
Un salarié réclame à son employeur le paiement d’heures supplémentaires, considérant son temps de pause déjeuner comme travail effectif. Il apporte comme preuve des emails de l’employeur demandant au salarié de décaler sa pause déjeuner pour des raisons commerciales mais ne fournit pas le décompte des heures dont il sollicite le paiement. La Cour de cassation donne raison au salarié, demandant de contrôler si le salarié était libre pendant la pause déjeuner. Pour que des temps de pauses puissent être considérés comme du temps de travail effectif, il faut que le salarié soit à la disposition de l’employeur et qu’il doive se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer à des occupations personnelles.Cass.soc., 7 février 2024, n°21-10.755
Inaptitude / Reclassement / Avis
Un salarié reçoit un avis d’inaptitude différent de celui reçu par son employeur, le premier prévoyant un reclassement aménagé, le second, l’impossibilité de reclassement. Si la fraude n’est pas établie, l’avis d’inaptitude présenté par l’employeur et non contesté s’impose au juge pour valider le licenciement pour inaptitude.Cass.soc., 7 février 2024, n°22-17.696
Temps de travail / Temps partiel / Modulation du temps de travail / Heures complémentaires / Aménagement du temps de travail
Il résulte de la combinaison des articles L. 3121-41, L. 3121-44, L. 3123-9 et L. 3123-20 du code du travail qu'en cas d'aménagement du temps de travail sur une période de référence supérieure à la semaine, les heures complémentaires ne peuvent pas avoir pour effet de porter la durée de travail accomplie par un salarié à temps partiel au niveau du seuil de la durée légale du travail correspondant à la période de référence, ou, si elle est inférieure, au niveau de la durée de travail fixée conventionnellement.Cass.soc., 7 février 2024, n°22-15.842
Temps de travail / Charge de la preuve
L'absence de mise en place par l'employeur d'un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur ne le prive pas du droit de soumettre au débat contradictoire tout élément de droit, de fait et de preuve, quant à l'existence ou au nombre d'heures accompliesCass.soc., 7 février 2024, n°22-15.256
Forfait en jours / Charge de la preuve / Temps de travail
Un salarié travaillant au forfait en jours demande à ce que la convention de forfait ne soit pas appliquée et demande le paiement d’heures supplémentaires. Le salarié, débouté de sa demande, avance des horaires de travail théoriques, sans preuve, conduisant à considérer qu’il travaillait 52 heures par semaine. La Cour de Cassation rejette la décision qui a fait peser la charge de la preuve sur le seul salarié.Cass.soc., 14 février 2024, n°22-23.073
Preuves / Loyauté / Vidéosurveillance / Données personnelles
Après avoir constaté qu’il existait des raisons concrètes liées à la disparition de stocks, justifiant le recours à la surveillance de la salariée et que cette surveillance, qui ne pouvait être réalisée par d’autres moyens, avait été limitée dans le temps et réalisée par la seule dirigeante de l’entreprise. La production des données personnelles issues du système de vidéosurveillance était indispensable à l’exercice du droit à la preuve de l’employeur et proportionnée au but poursuivi, de sorte que les pièces litigieuses étaient recevables.Cass.soc., 7 février 2024, n°21-22.809
Obligation de sécurité / Temps de repos / Préjudice
Cass.soc, 31 janvier 2024, n°21-20.989
Reclassement / Licenciement Économique / Permutation
Cass.soc, 7 février 2024 n°22-17.696
Temps partiel / Heures supplémentaires / Requalification
Cass.soc, 8 octobre 2020 n°19-16.606
Lien de subordination / Travailleur indépendant / URSSAF / Requalification
Cass.soc, 7 décembre 2022 n°21-19.132
Arrêt maladie / Licenciement / Obligation de loyauté
Cass.soc, 9 novembre 2022 n°21-15.208
Activité extra professionnelle / Licenciement nul / Liberté Fondamentale
Cass.soc, 31 janvier 2024, n°21-25.273
Transfert d’entreprise / Contrat de travail / Entité économique
Cass.soc, 10 janvier 2024, n°22-17.851
Indemnités compensatrice / Licenciement / Inaptitude
Cass.soc, 24 janvier 2024, n°22-16.858
Suivi de la charge de travail / Forfait en jours / Preuve
Cass.soc, 17 janvier 2024, n°22-19.733
Notification du licenciement / Motifs inhérent à la personne
Cass.soc, 24 janvier 2024, n°21-23.325
Temps de travail / Heures supplémentaires / Charge de la preuve / L.3171-4
Cass.soc,civ, 20 décembre 2023, n°21-14.941
Retard de paiement / Primes / Dommages et intérêts / Preuves
Cass.soc., 31 janvier 2024, n°22-11.770
Accord collectif / Conditions de validité / Annulation