Jurisprudence à la loupe

Cass. Soc 3 juillet 2019 n°18-16.134

Clause de non-concurrence / Etendue géographique

Une clause de non-concurrence visant l’Europe pour une période de 6 mois a été étendue jusqu'en Asie-Pacifique par avenant. Le salarié conteste le mode de calcul de l'indemnité. La Cour d'appel a jugé la clause excessive au regard de la liberté du travail. La Cour de cassation casse la décision estimant que la Cour d’appel ne se fonde qu’au regard de la seule étendue géographique de la clause, sans rechercher si le salarié était dans l'impossibilité d'exercer une activité conforme à sa formation, à ses connaissances et à son expérience professionnelle.

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Cass. Soc 3 juillet 2019 n°18-20.778

FORCE MAJEURE – RUPTURE DU CONTRAT

Une société d’édition de musique a rompu le contrat d'exclusivité conclu avec son artiste en raison d’un cas de force majeure. En théorie, la force majeure permet à l'employeur de s'exonérer de tout ou partie des obligations nées de la rupture d'un contrat. Toutefois la rupture anticipée du contrat n'est pas justifiée en l’absence du caractère insurmontable. En l’espèce, la société n’avait ni pris attache avec l’artiste afin d’évoquer ses projets musicaux pour l’avenir, ni tenté d’organiser une rencontre avec les autres membres du groupe pour essayer de renforcer leurs liens.

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Cass. soc., 26 juin 2019, n° 18-17.120

Rupture du contrat de travail / Licenciement économique / Maladie

Pour réparer le préjudice résultant de la nullité de son licenciement pour motif économique, l’indemnisation allouée au salarié doit prendre en considération le salaire des douze derniers mois exempts d’arrêts de travail pour maladie.

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Cass. Soc., 26 juin 2019, n°18-11230

Règlement intérieur

Le règlement intérieur modifié suite à injonction de l’inspection du travail n’a pas à être soumis à nouveau à consultation des institutions représentatives du personnel.

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Cass. Soc 3 juillet 2019 n°17-27.453

Rupture conventionnelle

Un salarié signe une rupture conventionnelle avec la société, cette dernière est mise en liquidation judiciaire. Le salarié saisit la juridiction prud'homale. La Cour d’appel considère que nonobstant l’absence de la signature de l’employeur sur l’exemplaire de la rupture conventionnelle remis au salarié, celui-ci avait toujours la possibilité d’exercer son droit de rétractation dans le délai de 15 jours à compter de sa propre signature. La Cour de cassation casse l’arrêt en rappelant le principe selon lequel l’exemplaire doit être signé par les deux parties.

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Cass. 2E Civ 20 juin 2019 n°18-18.595

FAUTE INEXCUSABLE ET REMBOURSEMENT

La réparation des préjudices est versée directement par la CPAM en cas de faute inexcusable de l'employeur. La CPAM récupère le montant auprès de l'employeur. La Cour de cassation a jugé que la société est en droit de se voir restituer les sommes excédentaires, ces sommes constituent des titres exécutoires permettant à la société de poursuivre le recouvrement forcé auprès de la caisse.

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Cass. 2E civ 11 juillet 2019 n°18-19.160

Accident du travail

Un salarié est décédé sur son lieu de travail suite à un malaise cardiaque. L'employeur déclare l'accident auprès de la CPAM. Cette dernière refuse la prise en charge. Les ayants droits saisissent la juridiction de la sécurité sociale contestant le refus. La Cour d'appel soutient que la victime ne présentait aucun dysfonctionnement tant psychique que relationnel. Toutefois, la Cour de cassation estime que dès lors qu’un accident survient durant le temps de travail et dans les locaux de l'entreprise cela est constitutif d'un accident de travail sauf si la lésion a une cause totalement étrangère. La Cour d’appel n’a pas respecté cette présomption.

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Cour de cassation 5 juin 2019 n°18-10050

Licenciement pour insuffisance

Un salarié ayant échoué à de multiples tests indispensables à ses fonctions a fait l’objet d’un licenciement. La Cour de cassation a jugé que le licenciement était fondé sur des causes réelles et sérieuses étant donné que l’intéressée avait échoué de manière récurrente aux examens sanctionnant la formation périodique que l’employeur était tenu de mettre en œuvre.

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Cour de cassation 13 juin 2019 n°17-31295

Discrimination syndicale

Le salarié s’estimait victime de discrimination en raison de son mandat de conseiller au Conseil des prud’hommes sans produire d’éléments justifiant une discrimination dans l'évolution de sa carrière par rapport à ses collègues. La Cour de cassation estime qu’une mesure peut être discriminatoire indépendamment de toute comparaison avec la situation des autres salariés.

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Cour de cassation 26 juin 2019 n°17-28.287

Accord collectif / Prime de partage de profits / Versement

La loi de finances de 2014 a abrogé l’article de l’accord fixant le versement de la prime, l’employeur a alors cessé de verser la prime car celui-ci estimait que l’accord était caduc. La Cour de cassation a rejeté le moyen de l’employeur en estimant que l’accord demeurait applicable. En effet, l’accord avait une durée indéterminée. Par ailleurs, si l’accord spécifiait les conditions d’attribution de la prime, il ne conditionnait pas le versement au maintien de la législation en vigueur ou à l’octroi d’exonérations particulières. Enfin l’accord précisait les conditions de sa dénonciation.

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Cass. Soc 29 mai 2019 n°18-16.183

Accident du travail

Lorsqu’un accident survient sur le lieu et durant le temps de travail la loi dispose que cela s’apparente à un accident de travail.

En l’espèce un salarié a été victime d’une crise cardiaque durant son temps et sur le lieu de travail. Selon la Cour de cassation la présomption d’accident de travail s’applique au malaise cardiaque.

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Conseil d’État - 22 mai 2019 n°420780

Licenciement économique

L’instauration du PSE est obligatoire dès lors que l’entreprise emploie 50 salariés et lorsque le projet de licenciement concerne au moins 10 salariés sur une période de 30 jours.

En l’espèce, le comité d’entreprise a formulé ses avis hors du délai de 2 mois prévu. Le Conseil d’État a estimé que cela n’avait aucune incidence concernant la régularité de la procédure d’information et de consultation.

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Cass. soc. 15 mai 2019, n° 18-15175 D

Interdiction de fumer

La Cour de cassation a jugé qu’il n’a pas de manquement grave pour l’employeur ayant parfois laissé des clients fumer dans l’enceinte de l’entreprise.
En effet, un salarié ne peut pas prendre acte de la rupture au prétexte que l’employeur a permis que certains de ses clients fument dans les locaux de l’entreprise. Lorsqu’un client fume en l’absence d’un salarié, cela ne rend pas impossible la poursuite du contrat de travail du salarié.
Dans le cas contraire, dès lors qu’un client fume dans les locaux de l’entreprise en présence d’un salarié et rend impossible la poursuite du contrat de travail, le salarié peut prendre acte de la rupture.

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Cour de cassation, chambre sociale, 9 mai 2019, n° 17-27.493

Résiliation d’un contrat

La Cour de cassation s’est prononcée le 9 mai 2019 concernant la résiliation d’un contrat.

Selon elle, la résiliation de la mission confiée à l’employeur par son client ne saurait constituer la fin de chantier permettant de justifier la rupture du contrat de travail.

Il convient d’établir une distinction entre la fin de la mission de l’employeur et la fin du chantier permettant la rupture du contrat de chantier qui lie l’employeur au salarié.

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Cass. Soc 9 mai 2019 n°17-28.767

Rupture conventionnelle

La Cour de cassation autorise depuis le 9 mai 2019, la rupture conventionnelle individuelle avec le salarié inapte à son poste après un accident du travail sous réserve d'absence de fraude ou de vice de consentement. Cela vaut sans-doute pour une inaptitude non-professionnelle.
Cela vaut sans-doute pour une inaptitude non-professionnelle.

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CJUE C-486/18, du 8 mai 2019

Congé parental

La CJUE a jugé que dès lors qu'un salarié embauché à temps plein est licencié durant son congé parental à temps partiel, l'intéressé doit percevoir une indemnité de licenciement correspondant entièrement à la rémunération afférente aux prestations de travail effectuées à temps plein.

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Cass. Civ 2e 9 mai 2019 n°18-14.515

Faute inexcusable

La majoration de rente allouée à la victime en cas de faute inexcusable de l’employeur est payée par la caisse qui en récupère le capital représentatif auprès de l’employeur

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Cass.Civ 2 9 mai 2019 n°18-11.468

Faute inexcusable

la Cour de cassation reproche à la Cour d'appel de Dijon ne pas avoir recueilli l’avis d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, alors que les ayants droits de la victime soutenaient que la maladie et le décès avaient été causés par le travail habituel de la victime.

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30/05/2018 - N° de pourvoi : 16-26710

Procédure

Mais attendu d'abord que la qualification inexacte du jugement par les juges qui l'ont rendu, étant, en vertu de l'article 536 du code de procédure civile, sans effet sur le droit d'exercer un recours, le moyen qui se borne à critiquer la qualification retenue est irrecevable faute d'intérêt ;
Et attendu ensuite que la cour d'appel a apprécié, hors toute dénaturation, la portée des attestations produites

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07/06/2018 - N° de pourvoi :17-13449

Demande en référé de réintégration et de paiement d'indemnité

Le refus d'autorisation du licenciement de la salariée était confirmé, ce dont elle aurait dû déduire l'absence de contestation sérieuse s'agissant des demandes de provisions au titre des sommes dues en application de l'article L. 2422-4 du code du travail.

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07/06/2018 - N° de pourvoi : 17-14395

QPC

Ne doit pas être renvoyé au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité la question suivante : « L'article L. 1235-5 du code du travail, tel qu'interprété par la Cour de cassation, méconnaît-il le principe d'égalité, garanti par l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en ce qu'il exclut la prise en compte des salariés effectuant leur travail hors du territoire français, pour apprécier la taille de l'entreprise qui a son siège social à l'étranger et déterminer l'indemnité due au salarié en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ? »

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15/06/2018 - N° de pourvoi: 17-14395

Procédure abusive

un même contrat à temps partiel d'un salarié peut concerner plusieurs sociétés différentes sans quand les deux sociétés soient nécessairement condamnées pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. En l'espèce, la salarié avait saisi simultanément le conseil de prud'hommes de Créteil ainsi que le conseil de prud'hommes de Paris sans jamais se justifier sur le transfert de son contrat entre les deux sociétés.

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21/06/2018- N° de pourvoi: 17-17791

Licenciement Assistance Syndical

Confirmation du principe selon lequel, le Juge doit aménager la preuve du contradictoire lorsqu'un syndicat fait valoir que des salariés s'opposent à la révélation de leur adhésion.

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21/06/2018- N° de pourvoi: 17-16623

Contentieux licenciement

Déterminer l'application et la portée d'un « Guide Mémento » préconisant des obligations particulières en matière de licenciement ainsi que son application relève du Juge du fond. Déterminer son application relève d'une contestation sérieuse qui ne peut concerner le Juge des référés.

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