Jurisprudence à la loupe

Cass.soc., le 16 octobre 2019, n°18-16.539

Forfait jours / Restauration

Un salarié, chef de cuisine, demande la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de son employeur en raison des manquements de ce dernier concernant l’organisation de son temps de travail et son temps de repos.

L’employeur se prévaut de la signature d’une convention de forfait jours conclue avec le salarié conformément à un avenant de la convention collective datant de 2004. Un nouvel avenant à la convention collective est signé en 2016.

La Cour de cassation considère que la société ne peut se prévaloir de la convention de forfait en jours dans la mesure où cette dernière a été précédemment annulée. Il appartient donc à l’employeur de soumettre au salarié une nouvelle convention de forfait conforme aux nouveaux accords.

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Cass. soc., le 16 octobre 2019, n° 18-21.327

Licenciement / Inaptitude / Accident du travail

Un salarié victime d’un accident de travail est licencié pour inaptitude et impossibilité de reclassement. La Cour d’appel condamne notamment l’employeur au remboursement des allocations chômage versées au salarié. La Cour de cassation revient sur ce remboursement en précisant que les dispositions de l'article L. 1235-4 du Code du travail ne sont pas applicables au licenciement intervenu en violation des règles particulières aux victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle.

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Cass. soc., 2 octobre 2019, n°18-19741

Rupture / Contrat de travail / Renonciation / Clause de non-concurrence / Contrepartie financière

Un salarié dont le contrat de travail contient une clause de non-concurrence est licencié. Conformément aux dispositions prévues dans cette clause, l’employeur est tenu de respecter un délai de préavis de 8 jours suivant la rupture du contrat de travail en cas de renonciation. La renonciation de l’employeur doit être faite par écrit.

La validité de la clause est subordonnée à l’existence d’une contrepartie financière, l’employeur ne pouvant y renoncer de manière unilatérale.

La Cour de cassation estime que l’employeur ne peut renoncer à la clause de non-concurrence pendant l’exécution du contrat de travail conformément aux dispositions de la-dite clause.

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Cass. soc., 09 octobre 2019, n°18-15029

Procédure disciplinaire / Avertissement / Délai / Licenciement / Absence de cause réelle et sérieuse

Un salarié est licencié pour faute en raison d’absences injustifiées. Il conteste l’avertissement prononcé à son encontre en sollicitant son annulation.

En application de l’article L.1332-2 du Code du travail, à l’issue d’une procédure disciplinaire, la sanction ne peut intervenir au-delà d’un mois après le jour fixé pour l’entretien.

L’employeur est tenu d’aller au terme de la procédure disciplinaire peu importe la nature et/ou le degré de la sanction même si la procédure débouche sur le prononcé d’un avertissement.

La Cour de cassation reproche aux Juges du fond de ne pas avoir vérifié que l’avertissement ait été prononcé dans les délais légaux.

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Cass. soc.,09 octobre 2019, n°19-10780

Protocole préélectoral / Syndicat / Représentativité / Données confidentielles / Obligation de loyauté

Un syndicat non représentatif participe à l’instar de deux syndicats représentatifs à la réunion de négociation du PAP sans procéder à sa signature.

L’employeur refuse de communiquer à ce syndicat des documents relatifs à l’identité et à la classification des salariés pour des raisons de confidentialité. La validité du protocole est contestée.

La Cour de cassation considère que l’employeur manque à son obligation de loyauté dès lors que le syndicat non représentatif ayant participé à la négociation du protocole ne peut disposer d’informations relatives à la répartition du personnel et des sièges, éléments indispensables à la négociation.

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Cass. soc.,09 octobre 2019, n°19-10780

Protocole préélectoral /Syndicat / Représentativité /Données confidentielles/Obligation de loyauté

Un syndicat non représentatif participe à l’instar de deux syndicats représentatifs à la réunion de négociation du PAP sans procéder à sa signature.

L’employeur refuse de communiquer à ce syndicat des documents relatifs à l’identité et à la classification des salariés pour des raisons de confidentialité. La validité du protocole est contestée.

La Cour de cassation considère que l’employeur manque à son obligation de loyauté dès lors que le syndicat non représentatif ayant participé à la négociation du protocole ne peut disposer d’informations relatives à la répartition du personnel et des sièges, éléments indispensables à la négociation.

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Cass. soc., 2 octobre 2019, n° 18-14.224

Prise d’acte / Démission / Heures supplémentaires / Conditions de travail / Santé / Egalité Homme Femme

La prise d’acte du contrat de travail produit les effets d'une démission. La salariée dénonçait une surcharge de travail et une dégradation de ses conditions de travail. Pour autant, la Cour de cassation estime que le défaut de règlement des heures supplémentaires avait été limité dans le temps et que l’employeur avait suffisamment justifié des raisons objectives dans le cadre d’une différence de traitement.

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Cass. soc., 25 septembre 2019, n° 17-31.171

Licenciement / Harcèlement sexuel / Faute grave

L’échange de sms explicites entre une salariée et son chef d’équipe pendant deux ans, provoque le licenciement de ce dernier, caractérisant un comportement incompatible avec les responsabilités du manager. Le fait d’adresser de manière répétée des messages équivoques à partir de son téléphone portable professionnel constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement sans pour autant constituer une faute grave rendant impossible le maintien du salarié dans l’entreprise durant le préavis.

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Cass. soc., 11 septembre 2019, n° 18-19.522

Répétition de l’indu / Licenciement / Faute grave

Un employeur programme un virement permanent ayant conduit à un double paiement du salaire au mois de décembre. Plusieurs salariés effectuent un signalement à l’employeur à cette occasion. Pour une salariée l’erreur perdure de janvier à juillet sans que cette dernière en informe l’employeur. La salariée dépense l’intégralité des sommes en question n’étant plus en mesure de les rembourser. La salariée est licenciée pour faute grave.

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Cass. soc. 25 septembre 2019 n°18-14244

Entretien préalable / Licenciement / Salarié protégé / Administration du travail

Une déléguée syndicale est convoquée à un entretien préalable au licenciement. La qualité de délégué syndical lui est retirée par le syndicat avant la tenue de l’entretien préalable au licenciement. La salariée conteste son licenciement pour absence d’autorisation de l’administration compte tenu de son statut de salarié protégé. La Cour de cassation considère que la salariée bénéficie du statut protecteur à la date d’envoi de la convocation à l’entretien préalable au licenciement et que le
licenciement constitue un trouble manifestement illicite.

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Cass. civ.2, 19 septembre 2019 n°18-19929

Contrôle / URSSAF / Recouvrement / Procès-verbal / Audition / Travail dissimulé

L’URSSAF procède à l’audition d’un représentant de société dans le cadre du contrôle de celle-ci. A l’issue de ce contrôle, l’organisme de recouvrement notifie à la société un redressement pour travail dissimulé. L’employeur conteste la procédure. La Cour d’appel n’a pas respecté les dispositions de l’article L.8271-6-1 du Code du travail. L’URSSAFF est tenue de dresser un procès-verbal d’audition
bien que le redressement de la société demeure fondé sur les vérifications des livres comptables.

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Cass. Ch. soc, 4 septembre 2019 n°18-18169

Licenciement / Inaptitude / Médecin du travail / Refus / Reclassement / CDI / CDD

Une association propose plusieurs postes de reclassement dans ses autres établissements à une salariée déclarée inapte. Ayant refusé les postes qui lui sont proposés en raison de l’éloignement de ces derniers, la salariée est licenciée. La salariée conteste son licenciement pour n’avoir pas reçu des propositions de postes en CDD. La Cour estime que l’employeur est tenu de soumettre concomitamment des propositions de postes non seulement en CDI mais aussi en CDD à la salariée déclarée inapte en vertu de son obligation de
reclassement.

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Cass. Soc., 18 septembre 2019 n° 18-15765

Prise d’acte / Démission / Bureau de jugement

Une salariée demande la requalification de sa démission en « prise d’acte » aux torts de l’employeur un an et demi après la date de sa démission. L’affaire est portée devant le bureau de jugement. En application à l’article  L.1451-1 du Code du travail, la Cour de cassation
condamne l’employeur à rembourser le pôle emploi dans la limite de 6 mois.

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Cass. Soc., 18 septembre 2019 n° 18-12446

CDD / Remplacement / Fin de contrat

En application de l’article L.1242-7 du Code du travail, le CDD à terme imprécis, conclu pour une durée minimale ayant pour objet le remplacement d’un salarié absent, a pour terme la fin de l’absence de celui-ci. Un écrit n’est pas exigé pour mettre fin au contrat. La salariée étant informée de la fin de son contrat par téléphone, la Cour d’appel rejette la demande de
requalification du contrat de travail en contrat à durée indéterminée.

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Cass.soc 11 septembre 2019, n°18-23764, FS-P+B

CSE / Représentant syndical / Élection

Il est impossible pour un salarié de siéger simultanément dans le même CSE en tant qu’élu et représentant syndical. Un salarié ne peut à la fois participer aux délibérations du CSE et exercer des fonctions consultatives dans le cadre de son activité de représentant syndical lorsqu’il a été désigné. Le
tribunal d’instance était en droit d’exiger de la salariée élue de choisir entre une des deux fonctions.

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Cass. soc. n°17-31637 du 10 juillet 2019

Clause de mobilité / Mutation / Refus / Règlement / Note de service / Licenciement

Un directeur de magasin a souscrit une clause de mobilité par avenant à son contrat de travail. La société l'a licencié pour avoir refusé une mutation. Le salarié conteste ce licenciement en ce qu'il est dépourvu de cause réelle et sérieuse. Selon l'article 5.4 de l'annexe IV à la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, les conditions de mutation font l'objet d'un règlement spécifique au sein de chaque entreprise, les modalités liées à la mutation nécessitant un changement de résidence étant réglées au niveau de chaque entreprise. La Cour de cassation estime que la note de service peut être assimilée au règlement spécifique visé par la convention collective susvisée.

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Cass. soc. n° 17-21976 du 11 septembre 2019

Période d'essai / RTT / Licenciement / Jours ouvrés

Un GIE a mis un terme à la période d'essai d'une salariée. Cette dernière ayant notamment sollicité des jours de RTT durant sa période d'essai, elle conteste son licenciement en invoquant le non-respect de la procédure. En l'absence de dispositions conventionnelles ou contractuelles contraires, la durée de la prolongation de la période d'essai n’est pas limitée aux seuls jours de congés payés pris par la salariée. La Cour de cassation considère que la prise de jours de RTT imputable au salarié n'est pas sans incidence sur la période d'essai et qu'il y a lieu de prolonger celle-ci à due proportion du nombre de jours de RTT effectivement pris.

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Cass. soc n°18-15231 du 4 septembre 2019

Licenciement / Faute grave / Troubles pathologiques / Absence de cause réelle et sérieuse

Un salarié, sujet à des antécédents ou troubles pathologiques est licencié pour faute grave. Il conteste son licenciement en soutenant que les faits qui lui sont reprochés constituent un corollaire
de son état de santé dégradant.
La Cour de cassation estime que le lien entre les difficultés professionnelles du salarié et son état de santé n'est pas établi au regard de l'appréciation souveraine des faits et des moyens de preuve opérés par les Juges du fond.

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Cass. 2e civ. 29-5-2019 n° 18-16.183

Accident du travail / ATMP / Contestation

Un salarié est victime d’un malaise à son arrivée dans l’entreprise. Il décède une semaine plus tard. Cet accident a été pris en charge par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. L’employeur conteste l’origine professionnelle de l’accident du fait que les premiers symptômes existaient avant l’arrivée du salarié dans les locaux et que le malaise n’était pas survenu lors de l’exercice de ses fonctions. La Cour de cassation estime que lorsque l’accident est arrivé dans les locaux de l’entreprise, celui-ci s’est produit sous l’autorité de l’employeur, peu importe que le malaise se soit produit lorsque le
salarié se dirigeait vers la salle de pause et non vers le magasin.

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CE, 8 juill. 2019, n°420434

Alcool / Sécurité / Règlement intérieur

L’employeur peut apporter des restrictions aux droits des salariés si celles-ci sont nécessaires par rapport à la nature de la tâche à accomplir. Lorsque la consommation de boissons alcoolisées est susceptible de porter atteinte à la sécurité et à la santé des travailleurs, l’employeur peut prendre les mesures nécessaires en limitant ou interdisant la consommation sur le lieu de travail. Si l’interdiction de consommation d’alcool est décrétée pour des raisons de sécurité et santé, il n’est pas nécessaire
que le règlement intérieur contienne les éléments motivant cette mesure.

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Cass. Soc. 11 septembre 2019 n° 17-24.879 à 17-25.623 ; arrêt n° 1188

Préjudice d’anxiété / Sécurité

Des salariés mineurs de fond obtiennent une indemnisation de leur préjudice d’anxiété sur le fondement de l’obligation de sécurité de résultat de l’employeur. La Cour de cassation reconnait la possibilité d’indemniser les salariés qui ne sont pas malades, mais soucieux de le devenir, dés lors qu’ils justifient d’une exposition à une « substance nocive ou toxique » générant un risque élevé de
développer une pathologie grave - (agents autre que l’amiante).

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Cass. Soc. 10 juillet 2019 n°17.22.318

Harcèlement moral / Résiliation judiciaire

Un salarié dont le contrat de travail a fait l’objet de plusieurs suspensions est déclaré inapte. Il est licencié sans possibilité de reclassement. Avant la notification du licenciement, il saisit la juridiction prud'homale afin d’obtenir la résiliation judiciaire de son contrat au tort de l’employeur. Pour la Cour de cassation il fallait bien prendre en compte les éléments ayant entraîné la dégradation des conditions de travail de l’intéressé et ayant abouti à son licenciement, éléments constitutifs de harcèlement moral.

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CE. 10 juillet 2019 n°40-86.44

Licenciement / Obligation de loyauté / Vie privée / Consultation Emails / Salarié protégé

Un représentant du personnel s’est introduit dans la messagerie professionnelle d’un collègue à son insu, afin de lire les messages identifiés par ce dernier comme personnels. Il est licencié pour faute grave. Le Conseil d’Etat valide un tel licenciement en estimant que le salarié à méconnu son obligation de loyauté découlant du contrat de travail, peu importe que les faits se soient déroulés en dehors des heures de travail.

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Cass. Soc. 10 juillet 2019 n°18-11.528

Licenciement / Entretien préalable / Délai / Procédure

La société a licencié un salarié après l’avoir préalablement convoqué à un entretien. Ce dernier conteste son licenciement en invoquant le non-respect de la procédure. La loi prévoit le respect d’un délai de 5 jours ouvrables entre la convocation à l’entretien préalable et l’entretien. Pour la Cour, le délai ne commence à courir que le  lendemain de la réception du courrier par LRAR ou remise en mains propres contre décharge. Le délai doit être prorogé au premier jour ouvrable lorsqu’il expire un samedi, un dimanche ou un jour férié. L'entretien préalable au licenciement ne peut donc être effectué le lundi si ce dernier a reçu sa convocation le lundi précédant.

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Cass. Soc 3 juillet 2019 n°18-12.306

Indemnité / Rupture anticipée / CDD / Perte de chance

La rupture anticipée du contrat de travail à durée déterminée qui intervient à l'initiative de l'employeur, en dehors des cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail, ouvre droit pour le salarié à des dommages-intérêts d'un montant au moins égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat, sans préjudice de l'indemnité de fin de contrat. Par ailleurs, c’est dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation que la Cour d’appel a, sans procéder à une évaluation forfaitaire, fixé le montant du préjudice soumis à réparation.

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