CSE de moins de 50 salariés : contentieux sur l’absence de tenue de réunion d’urgence

L’article L.2315-21 du Code du travail prévoit que les membres du CSE sont reçus collectivement par l’employeur ou son représentant au moins une fois par mois.

Néanmoins, en cas d’urgence, ils sont reçus sur leur demande. En pratique, la demande d’organisation d’une réunion d’urgence se fait par la rédaction d’une lettre en ce sens.

 

L’appréciation de l’urgence

La tenue d’une réunion d’urgence sera justifiée dès lors que le motif justifiant de cette réunion est suffisamment grave ou exceptionnel pour ne pas pouvoir attendre d’être abordé lors de la prochaine réunion mensuelle.

Il doit s’agir d’un sujet pour lequel il est nécessaire qu’une décision ou une mesure soit prise rapidement.

Cette urgence devra être étudiée au cas par cas. En effet, cette notion n’est pas définie par le Code du travail. Il peut s’agir d’une urgence en lien avec un conflit, un problème de sécurité au travail ou encore un grave problème personnel d’un salarié.

En cas de litige sur l’appréciation de l’urgence, l’inspection du travail se prononcera sur l’existence ou non de cette urgence.

En tous les cas, les membres du CSE ne pourront exiger d’être reçus sur-le-champ par l’employeur dans la mesure où il n’y a pas urgence. Par ailleurs, même lorsque l’urgence est caractérisée, les membres du CSE ne doivent pas présenter leurs revendications dans des conditions d’agitation, de désordre et de violence.

 

Les conséquences de l’absence de tenue d’une réunion d’urgence

Par principe, l’employeur est tenu d’accepter une réunion extraordinaire du CSE pour un motif d’urgence si les conditions de celle-ci sont réunies. Cette réunion d’urgence se tiendra donc entre deux réunions mensuelles.

L’employeur pourra néanmoins opposer un refus à cette demande de réunion dans quelques cas, à savoir :

  • La demande ne répond pas aux conditions à réunir pour le déclenchement de la réunion, soit en l’espèce le critère de l’urgence ;
  • Une autre réunion a déjà été organisée sur le même sujet ;
  • Un obstacle qui serait insurmontable et qui justifierait le refus de la réunion d’urgence.

En revanche, si toutes les conditions sont réunies pour justifier de la tenue d’une réunion d’urgence, alors l’employeur commet un délit d’entrave s’il refuse l’organisation de cette réunion.

L’article L.2317-1 du Code du travail prévoit que le fait d‘apporter une entrave au fonctionnement régulier du CSE constitue un délit d’entrave. Celui-ci est sanctionné par une amende de 7.500 €.

En cas de refus de l’employeur d’organiser une réunion du CSE pour un motif d’urgence, il demeure possible de saisir le Tribunal en référé afin d’obtenir une décision obligeant l’employeur à organiser ladite réunion.

 

 

Me Mélanie Le Corre

par
Avocat au Barreau de Paris
Expert en droit du travail
MLC Avocat

Fascicule mis à jour le 6 septembre 2023.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel03 août 2026

    11 Décret n° 2026-713 du 31 juillet 2026 relatif à la convergence de la prime d'activité à Mayotte

  • Journal Officiel27 juillet 2026

    20 Arrêté du 10 juillet 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale ou régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des entreprises et des exploitations agricoles)

  • Mise à jour de la rubrique Réduction générale dégressive unique

    BOSS27 juillet 2026

    A la suite de la publication du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 , la rubrique Réduction générale dégressive unique a été mise à jour.

  • Publication de l'assiette minimale des cotisations sociales

    BOSS24 juillet 2026

    La rubrique Assiette générale (chapitre 3, section 2) a été complétée d'une nouvelle partie détaillant les modalités de calcul de l'assiette minimale des cotisations sociales.

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité