Rétractation de la démission : la règle et ses contours

En principe, lorsque la démission est claire et non équivoque, cette dernière est définitive. Ce caractère définitif implique que le salarié ne peut en théorie revenir en arrière et annuler son choix.

Dans cette hypothèse, il convient d’identifier deux options possibles : celle où l’employeur souhaite la réintégration, où du moins ne s’y oppose pas et celle où l’employeur ne souhaite pas revenir sur le caractère définitif de la démission.

A noter que lorsque l’employeur ne s’oppose pas à la rétractation, rien ne s’oppose à oublier celle-ci et poursuivre la relation de travail dans les mêmes conditions.

 

La règle en cas de rétractation

Le principe est simple, en effet, dès lors que la démission a été effectuée dans les règles, le salarié n’a pas la possibilité de se rétracter –  (  Cass. Soc.. 12 mai 1998. n°95-44.354. ; Cass. Soc.. 18 juillet 2000. n°98-41.033. ; Cass. soc 26 avril 2007 n°05-44.246).

En pratique, la solution peut être plus complexe dans le mesure où le simple fait de revenir sur sa décision peut être de nature à traduire un certain doute quant à la volonté réelle du salarié de démissionner.

Dans ces conditions, on pourra considérer que la démission n’est pas claire et voire a minima équivoque et ainsi les conditions de la démission ne sont plus réunies.

C’est la notion de temporalité qui fera essentiellement la différence en terme de caractère équivoque de la démission incriminée.

Ainsi, on comprendra aisément, qu’une démission remise le matin, et qui fait l’objet d’une rétractation l’après-midi même n’est pas valable, en revanche, le salarié qui revient sur sa décision, à l’issue de son préavis, et après un délai de plusieurs semaines ne pourra revenir qu’avec l’accord exprès de son employeur.

En définitive, le contexte ainsi que la temporalité sont des éléments déterminant de la faculté de rétractation du salarié.

A titre indicatif, on peut considérer que le préavis servant à organiser le départ du salarié, le salarié qui revient sur sa décision à la fin de son préavis, formule une rétractation qui intervient trop tardivement. Exemple : l’employeur a procédé au recrutement de son remplaçant.

Exemple de contexte équivoque allant dans le sens d’une possibilité de rétractation :

  • Démission intervenant dans le cadre d’une procédure disciplinaire ;
  • Démission intervenant à l’issue d’une dispute entre collègue ou suite à un moment de colère ;
  • La démission intervenant après des reproches de harcèlement…

Conséquence de la rétractation

C’est le Conseil de prud’hommes qui est compétent pour juger de la validité d’une rétractation. Conformément aux règles sur la preuve, ce sera au salarié de présenter au Juge des éléments susceptibles de prouver qu’il n’avait pas la volonté de démissionner – (mails, certificat médical, attestations de collègues, courriers…).

En cas de caractère équivoque de la démission, le Conseil de prud’hommes peut requalifier la démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

 

 

Fascicule mis à jour le 22 août 2022.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel03 août 2026

    11 Décret n° 2026-713 du 31 juillet 2026 relatif à la convergence de la prime d'activité à Mayotte

  • Journal Officiel27 juillet 2026

    20 Arrêté du 10 juillet 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale ou régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des entreprises et des exploitations agricoles)

  • Mise à jour de la rubrique Réduction générale dégressive unique

    BOSS27 juillet 2026

    A la suite de la publication du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 , la rubrique Réduction générale dégressive unique a été mise à jour.

  • Publication de l'assiette minimale des cotisations sociales

    BOSS24 juillet 2026

    La rubrique Assiette générale (chapitre 3, section 2) a été complétée d'une nouvelle partie détaillant les modalités de calcul de l'assiette minimale des cotisations sociales.

  • Journal Officiel23 juillet 2026

    11 Ordonnance n° 2026-647 du 22 juillet 2026 relative à l'extension et à l'adaptation du code de la sécurité sociale à Mayotte et à l'accélération de la convergence sociale en matière de sécurité sociale et de minima sociaux

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité