Licenciement : Appréciation des Difficultés Economiques

Les difficultés économiques qui justifient un ou des licenciements doivent être significatives. Il incombe à l’employeur de faire la preuve de la réalité de ces difficultés.

Bon à savoir : Ces difficultés s’apprécient à la date de la prise de décision du licenciement. Pour autant, la Cour de cassation peut tenir compte d’éléments postérieurs suffisamment sérieux dans le cadre de cette appréciation.

Un licenciement en prévision de résultats déficitaires qui se sont réellement produits dans les années suivant la rupture du contrat de travail, est reconnu régulier – (   Cass. soc., 26-3-02, n°00-40898).

Cette preuve s’effectue notamment par une évolution à la baisse d’au moins un indicateur économique tel qu’une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation ou une dégradation de la trésorerie ou de l’excédent brut d’exploitation, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés.

Indicateurs des difficultés économiques

A noter, qu’une simple diminution du chiffre d’affaires et la réduction des performances financières sont insuffisantes à établir des difficultés économiques de l’entreprise – (  Cass. soc. 12 décembre 2013 n° 12-23079)

De même si l’employeur fait état événements qui ne se réalisent pas, le licenciement sera considéré comme étant sans cause réelle et sérieuse. Ex : Si les estimations de résultats se sont avérées erronées – (  Cass. soc., 3-12-14, n°13-19707).

Le législateur a pris soin de préciser ce qu’il considère comme étant une baisse significative a priori suffisante – (L.1233-3 du Code du travail).

Ainsi, une baisse significative des commandes ou du chiffre d’affaires est constituée dès lors que la durée de cette baisse est, en comparaison avec la même période de l’année précédente, au moins égale à :

  • un trimestre pour une entreprise de moins de 11 salariés ;
  • 2 trimestres consécutifs pour une entreprise d’au moins 11 salariés et de moins de 50 salariés ;
  • 3 trimestres consécutifs pour une entreprise d’au moins 50 salariés et de moins de 300 salariés ;
  • 4 trimestres consécutifs pour une entreprise de 300 salariés et plus ;

Bon à savoir : Si l’employeur peut choisir initialement l’indicateur qu’il retient pour justifier son choix, le Juge peut toujours dans le cadre de son pouvoir d’appréciation souverain,  choisir de prendre également en considération d’autres indicateurs, tels que ceux donnés par le salarié en cas litige.

Preuve des difficultés économiques

C’est à l’employeur de démontrer la réalité des difficultés économiques. En pratique et à l’exception de la cessation totale d’activité, sa responsabilité en terme de gestion peut difficilement être invoquée. La légèreté blâmable de l’employeur est rarement retenue.

 

 

Fascicule mis à jour le 21 mars 2020.

Tous droits réservés.

-

ATTENTION ! Cet article est un extrait.

Abonnez-vous pour accéder à l'intégralité du contenu.

Ces offres peuvent vous intéresser

Maitre Data

Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut
Sécurité juridique
Trouvez l'avocat expert qu'il vous faut

Trouvez l'avocat qu'il vous faut

Commencer

Abonnez-vous !

Manuel Social

Trouvez la réponse à toutes vos questions en Droit Social

Offre spéciale
Le Manuel Social
Abonnez-vous !

Actualité

  • Journal Officiel27 avril 2026

    7 Décret n° 2026-308 du 24 avril 2026 relatif à l'inscription des ressortissants étrangers sur la liste des demandeurs d'emploi et à la carte bleue européenne

  • Prescription / Retraite complémentaire / Cotisation

    La durée de la prescription est déterminée par la nature de la créance invoquée. Les demandes en paiement de sommes au titre de l'obligation pour l'employeur d'affilier son personnel à un régime de retraite complémentaire et de régler...

    Jurisprudence23 avril 2026

  • Maîtriser le Fractionnement des Congés Payés

    Abonnés Congés Payés et Fractionnement23 avril 2026

  • Preuve / Priorité de réembauche

    En cas de litige, il appartient à l'employeur d'apporter la preuve qu'il a satisfait à son obligation en établissant soit qu'il a proposé les postes disponibles compatibles avec la qualification du salarié, soit en justifiant de l'absence de...

    Jurisprudence16 avril 2026

  • Rupture conventionnelle collective / Annulation / Indemnité

    L'absence de demande en annulation de la rupture conventionnelle n'interdit pas à un salarié d'exiger le respect par l'employeur des dispositions de l'accord d'entreprise portant ruptures conventionnelles collectives, relatives aux indemnités...

    Jurisprudence16 avril 2026

Recherche

Recevoir la newsletter

Gérer vos Cookies

Nous utilisons les cookies sur notre site.

Ces cookies permettent de mesurer le trafic du site et de personnaliser votre expérience

Accepter Continuer sans accepter

Voir la politique de confidentialité